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Britain First, un micro parti en "guerre contre l'islam"

Britain First, un micro parti en
La vice-présidente de Britain First, Jayda Fransen, le 1er avril 2017 à LondresDaniel LEAL-OLIVAS
 

Anti-immigration, anti-gauche, anti-UE, mais surtout violemment anti-islam: Britain first, groupuscule d'extrême-droite britannique relativement obscur, connait son heure de gloire grâce à Donald Trump.

Il a ainsi suffi que le président américain retweete trois vidéos anti-musulmans publiées par la vice-présidente de Britain First, Jayda Fransen, pour que la micro-formation se retrouve subitement au centre de l'attention.

Et alors que les tweets de Mme Fransen ne touchent généralement qu'une audience confidentielle, les trois messages relayés par Donald Trump ont été retweetés plus de 15.000 fois chacun, pour le plus grand plaisir de l'intéressée, qui n'a pas manqué de s'en vanter sur les réseaux sociaux.

Britain First voit le jour en 2011 sous la houlette d'anciens membres du Parti national britannique (BNP), une organisation d'extrême droite sur le déclin.

Le parti, qui n'a jamais gagné aucun siège électoral, compterait environ un millier de membres, selon l'organisation anti-racisme et anti-fascisme Hope Not Hate.

Sur sa page Facebook, Britain First se présente comme un "parti politique patriotique" et un "mouvement de rue" déterminé à bâtir une "Grande-Bretagne forte, fière, libre, souveraine et indépendante" en faisant du christianisme le "fondement" de la société.

- "En guerre contre l'islam" -

"Nous voulons que notre peuple passe avant les étrangers, les demandeurs d'asile ou les migrants", écrit-il dans son programme, accusant l'immigration d'être un "fardeau" pour le Royaume-Uni.

L'islam y est désigné comme l'ennemi numéro un, et mis dans le même sac que d'autres "doctrines politiques ou religieuses étrangères et destructrices" comme, pêle-mêle, le marxisme, le libéralisme, le fascisme ou le fédéralisme européen.

Britain First prône une "interdiction complète" de l'islam au Royaume-Uni, incluant l'interdiction de l'abattage halal ou des ouvrages religieux comme le Coran, et l'expulsion ou l'emprisonnement de toute personne en faisant "la promotion".

"Nous sommes en guerre contre l'islam (...), le jihad et l'islam ne font qu'un, ce ne sont pas des entités séparées", déclarait récemment Jayda Fransen dans un discours à Londres qui lui vaut aujourd'hui des poursuites judiciaires.

Ce n'est pas la première fois qu'elle a maille à partir avec la justice.

Vice-présidente de Britain First depuis 2014, Mme Fransen, 31 ans, juriste de formation, a déjà été condamnée en 2016 à une amende de près de 2.000 livres (environ 2.300 euros) pour avoir insulté une femme portant le voile durant une "patrouille chrétienne" organisée par sa formation à Luton (nord de Londres).

Le président du parti Paul Golding est lui aussi poursuivi pour des actions contre des musulmans.

Outre l'interdiction de l'islam, Britain First entend supprimer la BBC, "corrompue" et "politiquement biaisée", interdire l'usage du mot "racisme" dans les médias, supprimer l'aide extérieure du Royaume-Uni, quitter l'Union européenne (sans payer de facture de sortie) et les Nations unies, mais aussi rétablir la peine de mort et interdire l'avortement.

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