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Michael Wolff, l'auteur qui déclenche "le feu et la fureur" de Trump

Le journaliste américain Michael Wolff est un habitué des controverses et son livre "Le feu et la fureur: dans la Maison Blanche de Trump" provoque depuis mercredi une tempête politique à Washington.

L'éditorialiste multicarte (Hollywood Reporter, Vanity Fair, New York Magazine...), âgé de 64 ans, affirme avoir gravité pendant 18 mois autour de la galaxie Trump, de la campagne présidentielle à la Maison Blanche, et interrogé "plus de 200" personnes, du président à ses proches collaborateurs.

Après l'élection surprise du candidat républicain, qu'il avait interviewé en juin 2016, il demande à Donald Trump un accès à la Maison Blanche, que le président élu ne lui refuse pas. Le journaliste devient alors "une mouche sur le mur", se fondant dans le décor. Il fait le trajet New York-Washington chaque semaine pour devenir un habitué de l'aile Ouest, compilant dans son livre confidences des conseillers de la présidence et anecdotes croustillantes.

L'une d'elles, publiée mercredi par le quotidien britannique The Guardian, a déclenché les foudres du président américain. Dans un communiqué vengeur, il a accusé son ancien conseiller Stephen Bannon d'avoir "perdu la raison" pour avoir estimé que son fils aîné Donald Trump Jr. avait commis une "trahison" en rencontrant une avocate russe offrant des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

Natif du New Jersey mais installé de longue date à New York, Wolff est le double lauréat du prix National Magazine, section commentaire (2002 et 2004). Son livre le plus connu, sorti en 2008, est consacré à un autre magnat, Rupert Murdoch ("The man who owns the news").

- 'Omniscience' -

En 2004, un portrait dans le magazine New Republic évoque un personnage "en partie éditorialiste mondain, en partie psychothérapeute, en partie anthropologue social (qui) invite les lecteurs à être une mouche sur le mur du premier cercle des magnats".

Mais sa narration, basée sur des conversations ou des informations obtenues de source indirecte, ont semé le trouble et provoqué des réactions furieuses.

"Historiquement, l'un des problèmes avec l'omniscience de Wolff est que même s'il peut tout savoir, il a parfois tout faux", écrivait le critique littéraire David Carr dans le Washington Post en commentant le livre sur Murdoch.

La journaliste britannique Bella Mackie, ancienne du Guardian, a estimé sur Twitter que son nouveau livre sur la Maison Blanche était "très divertissant" avant toutefois de mettre en garde que "si vous connaissez bien MW vous l'apprécierez mais ne prendrez pas tout pour argent comptant".

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a fustigé le contenu du livre, affirmant qu'il contenait "beaucoup de choses complètement fausses", assurant que Michael Wolff n'avait eu qu'une "brève conversation" téléphonique de 5 à 7 minutes avec le président depuis son investiture et qui n'avait "rien à voir" avec la présidence.

M. Trump, par la voix de ses avocats personnels, a demandé jeudi à M. Wolff et au responsable des éditions Henry Holt et Cie la non-publication du livre, qui doit sortir le 9 janvier, menaçant de les poursuivre pour diffamation, atteinte à la vie privée et malveillance.

Ils se basent notamment sur l'introduction du livre, où Michael Wolff admet que "beaucoup d'informations sur ce qu'il s'est passé à la Maison Blanche de Trump sont contradictoires; beaucoup, dans le style trumpien, sont simplement fausses". Ces contradictions ou cette prise de liberté avec la vérité constituent "le fil" du livre, dit-il, ajoutant avoir publié "le version des évènements que je croyais vraie".

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