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Trump reconnait Jérusalem comme capitale d'Israël: il n'a écouté que lui-même et fait déjà face aux conséquences de son acte

 

En reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le président américain Donald Trump a déclenché la colère des Palestiniens, du monde arabe, de toute l'Europe et même du pape. Seul Netanyahu se frotte les mains. En attendant, Reynders conseille à tout Belge actuellement en Israël de redoubler de prudence. Il faut dire que certains redoutent une nouvelle Intifada.

Attention si vous êtes actuellement en Israël

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a reçu la nouvelle avec "beaucoup d'amertume, car nous avions envoyé beaucoup de signaux pour faire comprendre que ce n'était pas une bonne solution". La diplomatie belge craint que cette démarche embrase la région. Les Affaires étrangères ont légèrement adapté leur avis de voyage pour Israël où il est conseillé aux Belges présents à Jérusalem de se tenir à l'écart des manifestations qui ont été convoquées.

Des Palestiniens ont en effet prévu jeudi un rassemblement à Ramallah en Cisjordanie, territoire occupé par l'armée israélienne depuis 50 ans. La veille, ils étaient des centaines dans la bande de Gaza à avoir brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump.


Trump n'a pensé qu'à satisfaire son électorat et ses soutiens financiers

La coalition des juifs républicains s'est payée ce matin une grande page de publicité dans le New York Times. Une page de remerciement à Donald Trump, avec ces mots: "Vous tenez vos promesses". Cette association est financée par Sheldon Adelson, un milliardaire des casinos de Las Vegas qui est aussi le premier donateur de la campagne Trump avec 25 millions de dollars. Et il s'impatientait de voir le président américain tenir cette promesse.

Mais la vraie raison, le principal message politique est adressé aux chrétiens évangéliques, conservateurs, qui sont le ciment de son électorat. Il a voulu montrer qu'il ne cède pas sous les pressions internationales et ce qu'ils appellent "les élites", comme pour l'accord de Paris sur le climat que Trump a récemment déchiré.


Résultat: tous les alliés des États-Unis sont contre lui

Même aux USA, la décision est loin de faire l'unanimité. Le département d'État, le Pentagone et la CIA y étaient farouchement opposés.

Au niveau international, Trump se met à dos ses alliés de toujours: Union Européenne, Royaume-Uni, Allemagne, France, Arabie saoudite, Turquie, Jordanie.

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May, tandis que l'UE faisait part de sa "sérieuse préoccupation". Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette décision de "regrettable" et appelé à éviter à tout prix les violences. L'Arabie saoudite a fustigé "un recul dans les efforts en faveur du processus de paix et une violation de la position américaine historiquement neutre sur Jérusalem", dans un communiqué du Palais royal cité par les médias d'État.


Grave risque de déstabilisation de la région

Par cette action guidée uniquement par lui-même et ses besoins électoraux, Donald Trump a pris deux risques: saper les timides espoirs de reprise des négociations de paix, mais surtout provoquer une poussée de fièvre dans la région.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé des choix "déplorables", jugeant que Washington ne pouvait plus jouer son rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens. Le mouvement islamiste palestinien Hamas a de son côté jugé que cette annonce ouvrait "les portes de l'enfer" pour les intérêts américains dans la région. La Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé "une violation du droit international" et de la charte des Nations unies. La Turquie a condamné une décision "irresponsable". L'Iran, bête noire de M. Trump, a jugé que la décision américaine provoquerait une "nouvelle Intifada".

À la demande de huit pays, dont l'Egypte, la France et le Royaume-Uni, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU a été fixée à vendredi matin.


Même le pape était contre

Avant même son discours, des dirigeants du monde entier avaient appelé Donald Trump à peser ses mots et mesurer les conséquences de ses actes, tant Jérusalem est un chaudron diplomatique. "Je ne peux taire ma profonde inquiétude. J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU", a déclaré le pape François qui ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.


Finalement, seul le président israélien est content

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a salué un jour "historique" réaffirmant par ailleurs l'engagement israélien à maintenir le "statu quo" sur les lieux saints à Jérusalem. 

L'association juive The World Jewish Congress (WJC) a également salué la décision de Trump. Son président, Ronald S. Lauder, a qualifié celle-ci de "pas courageux et décisif".

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