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Un faucon pèlerin tombe du nid et est sauvé par des riverains à Etterbeek (photos): "Ils ont eu la bonne réaction"

Un bel élan de solidarité a eu lieu mardi matin à Etterbeek. Blessée, une jeune femelle faucon pèlerin a été mise à l'abri par des riverains. Le rapace est à présent en sécurité à la ligue royale belge pour la protection des oiseaux. Il n'est pas blessé, mais en état de choc, après avoir chuté du haut de l'église Sainte-Antoine.

Mardi matin, vers 10h00, des riverains aperçoivent un oiseau en danger sur la place Saint-Antoine. "Il semblait coincé sur les rails du tram 81, raconte une jeune femme témoin de l'événement, après nous avoir envoyé une photo via notre page Alertez-Nous. Comme un tram arrivait droit sur lui, une demoiselle tentait de l'effrayer pour qu'il s'envole, mais il ne bougeait pas".

Un passant s'approche alors de lui et le saisit. Il le déplace derrière l'arrêt de tram, près d'un petit buisson. Pensant l'oiseau à l'abri, chacun reprend son chemin. Mais certains témoins restent intrigués. "Quand il a été déplacé, ses ailes se sont déployées et j'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'un rapace, poursuit la jeune femme. Je suis donc allée voir s'il s'était envolé. Mais il était toujours là, près de ce buisson. Il avait les ailes déployées et restait étrangement immobile. Il était bagué. J'avais entendu parler de la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux. Avec tout le bruit qu'on avait fait autour de la naissance des faucons pèlerins à l'église Saints Michel-et-Gudule, je me suis dit qu'il fallait appeler l'association et qu'on vienne le chercher".


"C'est bien un faucon pèlerin"


Au bout du fil, la Ligue demande des informations. De quoi a l'air l'oiseau? La jeune femme leur envoie une photo prise à l'aide de son smartphone. "C'est bien un faucon pèlerin", confirme un spécialiste par téléphone. La même espèce que celle qui avait fait sensation à l'eglise Saints Michel-et-Gudule début avril. Branle-bas de combat à la Ligue: il faut absolument récupérer le rapace. Les riverains sont dans l'impossibilité de déposer le faucon: ils suivent donc les instructions de l'expert. Ils le placent dans une boîte en carton et le mettent à l'abri en attendant qu'un bénévole vienne sur place. Un coiffeur accepte de garder la boîte dans son commerce. "Cet oiseau est magnifique!", s'est exclamée une cliente, à la vue du rapace.



Entre temps, un riverain prévient les pompiers: quelques minutes après, le faucon est pris en charge et déposé au centre de revalidation.

Une jeune femelle tombée du nid

Sur place, au centre, l'heure est au soulagement. "C'est une jeune femelle de 930 grammes, probablement tombée de l'Eglise Saint-Antoine, à Etterbeek, explique Corentin Rousseau, directeur de la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux. Elle n'est pas blessée, mais est en état de choc. Si cet oiseau restait dans une position bizarre, c'est qu'il faisait le mort. Ils font parfois ça quand on les approche, ils restent les ailes écartées, comme pétrifiés".

Il s'agit d'un rapace de quelques semaines, qui a raté son premier envol. "Même s'ils sont assez grands et bien plumés, les jeunes ne savent pas forcément encore bien voler, éclaire le directeur. Dans la nature, ils sautent de rocher en rocher et parfois, tombent sur des arbres où les adultes viennent les nourrir. En ville, ils sautent sur les parties saillantes des églises dans lesquelles ils nichent, et parfois, tombent sur la chaussée".

Normalement, on ne manipule pas un oiseau sauvage, mais...

Dans ce cas-ci à Etterbeek, la femelle faucon risquait bien des dangers. "Les chiens peuvent les mordre, les chats les griffer, les voitures les faucher, cite le directeur de la Ligue. Ces riverains ont eu le bon réflexe: appeler un centre de revalidation pour oiseaux et suivre les consignes. Il ne faut jamais prendre ces oiseaux chez soi ou les nourrir, c'est interdit car ce sont des oiseaux sauvages et protégés".

"Normalement, mieux vaut ne pas les manipuler, mais ici, la situation était très spéciale", reconnaît Didier Vangeluwe, ornithologue au musée des sciences naturelles de Bruxelles.

Justement, peut-on toucher un jeune oiseau? Beaucoup pensent qu'il ne faut pas approcher les poussins tombés du nid de peur que leurs parents ne reconnaissent plus l'odeur du petit. "C'est un mythe et il est bon de rétablir la vérité, rétorque Corentin Rousseau. On peut toucher un petit tombé du nid, pendant quelques minutes. Quand on trouve un tel oiseau, il faut d'abord voir s'il est bien emplumé et voir s'il est en danger direct. S'il a des plumes et qu'il n'est pas blessé, on peut le remettre dans son nid tout proche, surtout si on est en forêt: mieux vaut qu'il reste avec ses parents. S'il est blessé, qu'il n'a pas de plumes, ou qu'il est en danger direct, il faut l'emmener au centre de revalidation le plus proche. Il faut certaines compétences pour soigner des oiseaux sauvages".

Les faucons sont revenus chez nous après l'interdiction d'un pesticide

Les faucons pèlerins nichent depuis plusieurs années dans des endroits en hauteur en Belgique: outre les falaises, on les trouve donc aussi en ville, dans des églises par exemple. Tous les faucons sont bagués pour être étudiés et protégés. L'espèce avait disparu de Belgique, mais est réapparue en 1994 après l'interdiction de certains pesticides. On en compte 120 couples, dont une douzaine à Bruxelles.

La jeune femelle tombée de l'église Saint-Antoine sera replacée dans son nid mercredi au plus tard. "Je monterai dans le clocher et la déposerai dans son "nid", prévoit Didier Vangeluwe. Cette femelle a raté son premier envol. Le second sera le bon".

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