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Coup très dur pour le centre d'insertion socioprofessionnelle "La Renouée": tout son matériel dérobé, et les voleurs ont même déféqué dans le réfectoire

Coup très dur pour le centre d'insertion socioprofessionnelle
 

Le dimanche 12 mars, le centre d’insertion socioprofessionnelle pour adultes La Renouée, à Flénu, dans la ville de Mons, s’est fait cambrioler. La quasi-totalité du matériel professionnel ayant été dérobé, l’ASBL fait aujourd’hui appel à la bienveillance des entreprises pour re-constituer ses stocks et poursuivre son activité.

Implantée à Flénu (Mons) depuis une trentaine d’années, l’ASBL La Renouée s’occupe de former des adultes au chômage, au CPAS ou sans revenus, désireux de trouver un emploi. Agréé par la région wallonne, le centre dispose de deux filières professionnelles : l’horticulture et l’entretien de l’habitat, un domaine relativement proche du bâtiment. Une équipe de 11 personnes s’occupe d’une trentaine d’élèves, appelés "stagiaires", qui viennent de 9h à 16h du lundi au vendredi, pour apprendre un métier et bénéficier de conseils dans leur recherche d’emploi.


Tout a été volé

Le dimanche 12 mars, des voleurs ont pénétré dans les locaux et dérobé quasiment tout le matériel professionnel que possède le centre, et qui est destiné à la formation des stagiaires. Perceuses, meuleuses, visseuses, débroussailleuses, foreuses, tronçonneuses… Seuls les tondeuses et l’outillage fixes, trop gros pour être emportés, sont restés. Sandrine Pivont, assistante technico-administrative de l’ASBL, nous a révélé les faits, ressentis durement au vu des efforts consentis pour la bonne marche du centre depuis plusieurs décennies: "Toutes nos machines servant à notre formation en horticulture ainsi qu'en bâtiment nous ont été volées. Le préjudice est grand car nous formons depuis 30 ans un public adulte sensible et fragilisé. Nous nous battons chaque jour pour que ces personnes soient réinsérées et au-delà du préjudice matériel, c'est un coup au moral qui nous prend" nous a-t-elle confié via le bouton orange Alertez-nous.


"Les gens qui sont venus voler ont déféqué dans le réfectoire que les stagiaires ont créé"

Au téléphone, Sandrine nous a décrit ce qu'elle avait appris sur ce cambriolage. Les malfaiteurs, au nombre de deux ou trois selon les voisins, seraient venus découper la toiture la samedi, avant de revenir le lendemain pour dérober le matériel, essentiel à l'apprentissage des stagiaires. "Tout ce sur quoi ils étaient en train de travailler, ce qu’on était en train de mettre en place, ils ne savent plus continuer". Le vol s’est accompagné de dégradations de l’infrastructure : "Les gens qui sont venus voler ont déféqué dans le réfectoire que les stagiaires ont créé il y a une semaine. Ils ont créé cette pièce seuls, de A à Z. Ils ont appris à faire des plans, la maçonnerie, les tapissages, le plafonnage… Ça faisait une semaine que la peinture avait été mise" détaille la jeune femme. "Aussi bien les formateurs que les élèves, ils ne sont vraiment pas en forme, ça a été un gros coup pour nous" ajoute-t-elle.


Un appel à la générosité des professionnels de l'outillage

La totalité des outils subtilisés vaut "minimum entre 20 000 et 30 000 euros" selon l'association. Sans garantie d’être remboursé par l'assurance, même partiellement, et incapable de racheter tout ce matériel, le centre en appelle à la générosité des professionnels. L'ASBL nécessite du matériel de qualité qui puisse tenir plusieurs années, et en quantité, pour en fournir à tous les stagiaires. "On ne demande pas forcément d’avoir tout gratuit, mais si on avait un don de matériel professionnel, ou des marques qui nous feraient des grosses réductions, ou bien récupérer des invendus ou des séries d'outils passées et retirées du marché…" explique notre interlocutrice.


La volonté de continuer son action: "Il faut montrer qu'on peut remonter la pente"

Pour elle et le reste de l’équipe, il est important que l’association se relève. Pour continuer son action auprès des demandeurs d’emplois d’abord, pour leur montrer des valeurs positives ensuite. "On leur apprend plein de choses sur le devoir civique, le sens moral, on ne peut pas laisser passer ça. Il faut leur montrer qu’il y a des imbéciles pour venir voler, mais qu’on peut s’en sortir et remonter la pente" affirme-t-elle, motivée à surpasser cette épreuve.

En attendant mieux, les formateurs ramènent des outils de chez eux. Sandrine, quant à elle, a déjà contacté les grandes marques avec lesquelles le centre travaille : "J’essaye d’alerter toutes les grandes marques avec qui on travaille mais c’est toujours la même chose, quand on leur rachète pour 10 000€ de matériel ils sont super contents, mais quand ils nous arrivent une tuile et qu’on demande de l’aide, on ne reçoit pas de réponse" regrette-t-elle. Pour autant, l’ASBL ne perd pas espoir, et compte bien retomber sur ses pattes, notamment grâce à l'aide de quelques entreprises bienveillantes.

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