Agression à la machette à Charleroi: la police a perquisitionné une habitation sociale à Farciennes

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Attaque à Charleroi: portrait de Corinne & Hakima, les 2 policières blessées
Attaque à Charleroi: le point depuis l
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Des perquisitions ont été menées ce dimanche soir à Farciennes dans l'enquête sur l'agression à la machette à Charleroi. Deux policières ont été blessées samedi après-midi au commissariat de Charleroi par un individu criant "Allahu Akbar". Les faits se sont produits au niveau des barrières de sécurité. L'auteur de l'agression a été blessé par balle et est décédé. Il s'agit de K. B., un homme âgé de 33 ans, de nationalité algérienne en séjour en Belgique depuis 2012. Le groupe terroriste Etat islamique a revendiqué l'attaque.

Il était presque 16h ce samedi lorsqu'un homme s'est approché du checkpoint du commissariat de police à Charleroi. À son arrivée, il a sorti une machette de son sac et s'est attaquer à deux policières en cirant "Allahu Akbar". L'une des policières, Hakima, a été touchée par des coups puissants à la tête et elle souffre de plaies profondes à hauteur du visage. Hakima est cependant parvenue à toucher par balle l'agresseur à deux reprises. Elle a été emmenée à l'hôpital de Charleroi. Ses jours ne sont toutefois pas en danger. Sa collègue, Corinne, n'est que très légèrement touchée. Une troisième policière a également ouvert le feu et touché l'assaillant. L'auteur a ensuite succombé à ses blessures.


Perquisitions à Farciennes

Photo de Fabian Vanhove

Une perquisition s'est déroulée dimanche soir à Farciennes dans un quartier de logements sociaux. L'habitation concernée, déjà visitée par les forces de l'ordre dans la nuit de samedi à dimanche, se trouve rue Ry de la Glacière. Une famille algérienne vit à cette adresse. L'artère est fermée à la circulation. La police fédérale, le laboratoire et le service de déminage étaient sur place. Cette descente des forces de l'ordre s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur l'attaque à la machette commise par un Algérien de 33 ans en séjour illégal en Belgique.


L'identité de l'agresseur: un Algérien en séjour illégal

Nous vous informions déjà que l'agresseur était un homme âgé de 30 à 40 ans qui n'était pas connu des services de renseignement et d'origine algérienne. Ce dimanche après-midi, le parquet fédéral confirme par un communiqué ces informations. Les initiales de l'auteur sont K. B., c'est un homme âgé de 33 ans, de nationalité algérienne, qui séjournait illégalement en Belgique depuis 2012. Il est connu des services de police pour des infractions de droit commun mais pas pour des faits de terrorisme.

K. B. était en séjour illégal en Belgique et n'a pas respecté deux ordres de quitter le territoire, indique dimanche dans un communiqué le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken. "Ce gouvernement bat tous les records en termes de renvoi d'étrangers criminels, et je suis déterminé à poursuivre dans cette voie", déclare M. Francken. "Le gouvernement a déjà pris une série de mesures visant à accélérer le retour de ces criminels. Nous devons continuer. Les retours forcés vers l'Algérie restent problématiques, malgré des années de négociations européennes et bilatérales. Après notre accord conclu avec le Maroc, un autre doit suivre avec l'Algérie, de préférence sous mandat européen", ajoute-t-il. "Je me rendrai au prochain kern avec une série de mesures supplémentaires visant à accroître encore les retours forcés d'illégaux. Bien qu'on ait déjà augmenté les capacités d'accueil dans les centres fermés, nous faisons toujours face à un manque de places, et nous devons y remédier", conclut-il.


Le groupe terroriste Etat islamique revendique l'attaque

Ce dimanche vers 15h, plusieurs journalistes travaillant pour des médias internationaux et spécialisés en terrorisme ont annoncé que l'EI revendiquait l'attaque. Ils relaient une communication d'Amaq, l'agence de presse liée au groupe terroriste Etat islamique: "Une source interne a confirmé à l'agence que l'attaque dans la ville de Charleroi en Belgique a été effectuée par l'un des soldats de l'Etat islamique en réponse aux appels ciblant les ressortissants des pays de la coalition croisée".



Un juge d'instruction spécialisé en terrorisme

Le parquet fédéral indique dans son communiqué que l'existence d’indices permettant de considérer que l’attaque ait pu être inspirée par un motif terroriste, le parquet fédéral a décidé hier de reprendre l’enquête menée par le parquet de Charleroi. Un juge d’instruction spécialisé en matière de terrorisme a été saisi.

L’instruction est en cours. Durant la nuit, deux perquisitions ont déjà été effectuées dans l’arrondissement de Charleroi. "Dans l’intérêt de l’enquête, aucune information supplémentaire ne pourra, à l’ heure actuelle, être donnée", indique le parquet fédéral.


Le déroulé des évènements: une policière parvient à toucher l'agresseur à deux reprises

Un homme s'est présenté au checkpoint de l'hôtel de police de Charleroi à 15h58. Il a immédiatement sorti une machette de son sac et a frappé puissamment à la tête une policière, prénommée Hakima. Une autre policière a été touchée légèrement, Corinne, blessée à la mâchoire et au cou. Une troisième, également présente au checkpoint, a tiré sur l'agresseur, le touchant au thorax et à la jambe.

De source proche de l'enquête, on sait à présent que l'auteur de l'agression à la machette survenue samedi sur le parvis de l'hôtel de police de Charleroi a été blessé par balle à deux reprises par Hakima, la première policière qu'il a sévèrement blessée au visage.
 
Les deux policières ont été transférées à l'hôpital Notre-Dame de Charleroi où elles ont été opérées immédiatement. Elles sont actuellement plongées dans un coma artificiel. Plus grièvement atteinte, Hakima devra subir d'importantes interventions de chirurgie faciale réparatrice. Corinne sera quant à elle réopérée durant les prochaines heures. Il semble en effet que des nerfs ont été touchés lors de l'agression et que sa mâchoire soit toujours immobilisée. Le premier ministre Charles Michel et le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette se rendront au chevet des victimes à 16h30 avant de regagner l'hôtel de police à 17h00 pour un point presse.


Des témoins inquiets nous alertent

Peu après 16h, nos témoins signalaient avoir entendu des coups de feu aux alentours du commissariat de police de Charleroi: "Ambulance sur place et tous les combis sont rentrés au commissariat", décrit Valentin via notre bouton orange Alertez-nous. "La police demande de rester à l'intérieur et de tout fermer", explique de son côté Nathan, très inquiet.

Fabian Vanhove


Theo Francken rappelle les chiffres sur le renvoi d'illégaux criminels

Theo Francken rappelle par ailleurs dimanche quelques données chiffrées concernant le renvoi d'illégaux considérés comme criminels. Ainsi, depuis le début de l'année et jusqu'en juillet compris, 909 détenus illégaux "criminels" ont été renvoyés vers leur pays d'origine. Ils étaient 1.434 sur l'ensemble de l'année 2015, contre 625 en 2014. L'an dernier, 10.081 retours (volontaires ou non) d'illégaux ont été enregistrés, en comparaison avec 8.727 un an plus tôt, soit une hausse de 20% en un an. Le secrétaire d'État pointe encore une augmentation du nombre de places dans les centres fermés, qui passeront de 440 en 2015 à quelque 700 courant 2017. On compte actuellement environ 600 places.


Le niveau de la menace reste inchangé

L'OCAM (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) a indiqué samedi soir que le niveau de la menace (général) restait actuellement à 3 sur une échelle de 4, a fait savoir le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, sur Twitter. La situation sera réévaluée, a-t-il précisé.

Les niveaux restent inchangés, tant pour le général (3, menace "grave, possible et vraisemblable") que pour les commissariats de police (2+, soit "vigilance renforcée"). L'attaque à la machette commise samedi après-midi sur deux policières à Charleroi constitue une démonstration que les policiers sont effectivement visés, a réagi le SLFP Police. "Il nous paraît que l'évaluation du niveau de la menace pour les policiers doit remonter de 2 à 3 sans tarder, quelles qu'en soient les conséquences et les coûts", insiste-t-il dans un communiqué. Le syndicat libéral appelle aussi à la fin des attaques "directes ou larvées" contre le statut des policiers. "Ceux-ci ont vraiment autre chose à faire que de se tracasser sans cesse de savoir quand ils partiront à la pension, combien ils gagneront le mois prochain, si leur service existera encore dans un mois", soulignent les responsables du SLFP Police.


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