La qualité des eaux traitées par la station d'épuration de Bruxelles-Nord est strictement conforme aux normes européennes, a réagi samedi la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), dans un communiqué. Le journal Le Soir indiquait dans son édition du week-end que cette station rejetait trop d'eaux non traitées dans la Senne.

 

Une technologie risquée

Le second rapport du collège d'experts sur le fonctionnement de la station "démontre qu'Aquiris a, dès le départ de la construction en 2003, fait le pari d'une technologie risquée - le traitement des boues par OVH (oxydation par voie humide) -, qu'elle a mal calibré un certain nombre d'équipements de la station et qu'elle a sous-dimensionné celle-ci de 20% par rapport au contrat de départ", précise le cabinet Huytebroeck.     

 

Epuration conforme mais pas suffisante

La station épure les eaux usées conformément à la Directive européenne, tant en quantité qu'en qualité, ajoute-t-il, insistant sur le fait que "la Région bruxelloise a payé pour une station d'épuration qui va bien au-delà des exigences européennes": 16,4 m3/s, au lieu des 8,2 m3/s imposés par l'Europe. Aquiris n'est toutefois pas en mesure de garantir un résultat au-delà de 13,2 m3/s en raison du sous-dimensionnement de la station, regrette le cabinet Huytebroeck. "Ceci a pour conséquence que lors d'épisodes pluvieux exceptionnels, le volume excédant les 13,2 m3/s s'écoule directement dans la Senne."    

"La Région a payé pour une maison de trois étages dont il manque le dernier. Le sous-dimensionnement est clairement de la pleine responsabilité d'Aquiris", déclare la ministre, rappelant que "la Région exige depuis longtemps qu'Aquiris corrige cette erreur, fasse les investissements nécessaires et les paye". Des discussions sont en cours à ce sujet, conclut-elle.