Antonio Nunes Coelho est un ouvrier portugais non déclaré de 49 ans. Il travaillait sur un chantier à Uccle lorsqu'il a fait un malaise cardiaque. Par crainte de représailles, l'entrepreneur et le sous-traitant  ont abandonné son corps dans un lieu peu fréquenté. L'autopsie a révélé qu'Antonio était encore vivant lorsqu'il a été laissé pour mort. Ce drame est-il difficile à isoler? Difficile à dire car les accidents impliquant des travailleurs au noir ne sont pas chiffrés.

"Heureusement, cela n'est pas trop fréquent, mais effectivement, on rencontre parfois ce type de problème. Après un accident du travail, surtout dans le secteur de la construction, les employeurs qui ont engagé quelqu'un au noir essaient de cacher l'accident", explique Henri Funck, auditeur du travail de Bruxelles.

Le patron de l'ouvrier portugais a tenté de masquer l'accident. Aidé d'un collègue, il a installé la victime à l'arrière de la voiture. Après avoir roulé pendant deux heures, ils ont décidé de déposer le corps dans un petit parc de Uccle, situé seulement à 3 km du chantier. L'entrepreneur a finalement été rattrapé. Son geste risque de lui coûter cher.

"Tout cela peut conduire à des peines de prison de 3 mois à 3 ans et à des amendes, en général de 6000 euros multipliées par 6, donc cela fait 36000 euros par personne, donc par employé", explique encore Henri Funck.


A cela, il faut encore ajouter les poursuites pénales: l'entrepreneur est poursuivi pour non-assistance à personne en danger, homicide involontaire et recel de cadavre. De plus il a tenté sans succès d'acheter le silence de la veuve de l'ouvrier portugais pour qu'elle ne dise pas un mot à la police. Il lui a offert 10 000 euros.