A Charleroi, l'immeuble de logement social baptisé tour "Apollo" est sans cesse la proie d'un ou de plusieurs incendiaires. Depuis le début de l'année 2012, il y a déjà plus d'une quinzaine de départs de feu. Parmi ceux-ci, il y en a eu trois sur les quatre derniers jours. Dans la nuit de dimanche à lundi, une centaine d'habitants ont dû quitter les lieux vers 4 h du matin suite à un nouvel incendie. Le plan catastrophe communal a à nouveau été déclenché.

La Ville a décidé de raser le bâtiment mis en service en 1976 et hébergeant 486 personnes. Il pourrait ensuite être reconstruit.

 

"Une bombe à retardement"

"Ce complexe inauguré en 1976 est aujourd'hui obsolète et vétuste. On y entre comme dans un moulin, par l'un ou l'autre des 27 points d'accès. Nous ne voulons pas d'une nouvelle tragédie des Mésanges. Mais cet immeuble est une bombe à retardement", a déclaré Ingrid Colicis, l'échevine du Logement à Belga.

 

500.000 euros pour rien

Malgré les 500.000 euros investis ces derniers mois dans la sécurité et la surveillance accrue de la police locale, les incendies se poursuivent. A partir du premier septembre, les sous-sols seront murés. "Mais il ne s'agit là que de mesures palliatives", poursuit Ornella Cencig, bourgmestre faisant fonction. "Nous souhaitons que cet immeuble soit démoli et reconstruit. En attendant, la Carolorégienne n'attribue plus de nouveaux logements".

 

"Je me casse d'ici"

Il faut dire que les locataires n'en peuvent plus. "Ça fait un peu paniquer. Il y a ma femme. Il y a le petit", a confié Laurent, voisin direct de l'appartement auquel on a bouté le feu cette nuit, au micro de Ludovic Delory pour RTL TVI. "Je vais faire une demande de transfert ou je me casse d'ici", a-t-il ajouté.

 

On boute le feu à sa porte

Une autre habitante de la tour Apollo, Béatrice, a elle aussi été victime d'un incendiaire. Un mois après son emménagement en 2011, un inconnu boutait le feu à porte d'entrée. "En pleine journée, on a mis de l'essence derrière ma porte. J'étais dans mon appartement. Heureusement que j'étais présente ce jour-là. Ça a flambé assez violemment. Mon mari a éteint le feu avec ses mains", a-t-elle raconté à notre collègue.