Organisée à l'initiative du ministre wallon des Transports Philippe Henry (Ecolo), une réunion de conciliation entre les syndicats et la Société Régionale Wallonne du Transport (SRWT), société faîtière des TEC wallons, en vue de régler le problème du statut des chefs d'équipes techniques qui a provoqué deux grèves à Liège-Verviers, a débouché sur un constat d'échec."La réunion a duré une demi-heure, pour nous entendre dire qu'après une analyse transversale au niveau wallon, la direction ne pouvait accéder aux demandes des travailleurs", constate Gaston Merkelbach, permanent CSC. Dès lors, on peut s'attendre à ce que les perturbations sur le réseau liégeois soient encore nombreuses ce jeudi. "Faute d'accord aujourd'hui, il est certain que le dépôt de Jemeppe sera en grève", souligne Claudy Vickevorst, délégué CGSP. "Et il est possible que ce soit le cas de Robermont aussi".

 

Quelques bus seulement  

Un piquet de grève avait été installé dans la plupart des dépôts des TEC Liège-Verviers tôt ce matin. Aucun bus n'est sorti des dépôts de Robermont, Jemeppe, Rocourt et Bassenge. Les mécaniciens grévistes bloquaient aussi l'accès à tous les services administratifs ou autres. Personne ne pouvait travailler aux TEC Liège-Verviers ce mercredi. "Je pense que ça s'appelle la négation du droit au travail dans toute sa splendeur", estime Carine Zanella, porte-parole des TEC Liège-Verviers. Seuls les dépôts d'Eupen, de Verviers, de Warzée, d'Omal et d'Oreye ont vu quelques bus sortir ce matin. Mais tous ne roulaient pas et les lignes concernées étaient donc desservies au hasard.

 

Grève au finish? Jusqu'au 22 juin?

Vincent Jamoulle a fait le tour de Liège ce matin pour faire le point sur la situation. Au dépôt de Robermont, un délégué CGSP confiait le sentiment qui régnait au sein du syndicat socialiste. "Comme je peux comprendre, mes collègues, eux, veulent aller jusqu'au finish. Tant que la direction ne met rien sur la table, ils ne sont pas prêts de démarrer." Du côté d'un représentant de la CSC, on précise un peu plus la durée de ce mouvement qui paralyse toute la région: "Je sais bien que c'est minimum un jour, mais ça peut être maximum 3 semaines, comme la prochaine réunion a lieu le 6 juillet (cette réunion ayant été avancée au 22 juin, cela revient à une semaine de grève maximum, ndlr)."

 

Une grève "injustifiée"

Les syndicats avaient déposé un préavis de grève la semaine dernière, alors que le service technique était parti en grève sauvage. Le préavis arrivait à échéance ce mercredi. Les syndicats dénoncent l'absence d'avancées "significatives" par rapport aux revendications de revalorisation des 18 chefs des services techniques actuellement sans statut. "Je comprends parfaitement la colère voire la fureur de la clientèle et de la population en général. Ces grèves à répétition paralysent toute une région. La direction a fait un geste en avançant une réunion jugée trop lointaine par les associations syndicales. Le délai jugé trop long a été raccourci, dès lors je pense que cette grève ne se justifiait pas et que le préavis de grève pouvait être retiré", estime encore la porte-parole. Cette réunion est prévue le 22 juin prochain entre direction et syndicats, le temps pour la direction de finaliser l'étude d'impact qui servira à négocier les nouveaux status des chefs des services techniques.