L'autopsie du jeune braqueur, 18 ans, tué par un bijoutier agressé à Esneux, mercredi à 19h, est actuellement en cours et son corps sera ensuite rendu à la famille. Quant au complice, il s'agit d'Enzola Bayandidila, âgé de 19 ans et domicilié à Liège. Le jeune homme a été blessé à la main par une balle tirée par le bijoutier. Le jeune braqueur a subi une opération pour retirer le projectile. Il a été placé sous mandat d'arrêt à l'hôpital par la juge d'instruction Pascale Gossens, avant d'être écroué à la prison de Lantin. Le parquet de Liège a confirmé qu'un des individus était armé. L'arme en question est un fusil de chasse que les enquêteurs ont saisi. Le bijoutier, non inculpé et libéré jeudi matin, avait subi pour la cinquième fois un vol à main armée.
Cinq coups de feu
Le commerçant avait tiré à cinq reprises en direction des braqueurs et l'un d'eux s'était écroulé, mortellement touché. Son complice avait pris la fuite mais avait été arrêté après s'être présenté durant la nuit dans un hôpital de la région pour recevoir des soins. Il est actuellement hospitalisé sous surveillance policière.
Déjà connus pour des vols
Les deux jeunes hommes sont connus pour vols et avaient déjà des dossiers ouverts au parquet de la jeunesse. Un dossier a été ouvert contre le braqueur qui avait pris la fuite pour vol à main armée.
Le bijoutier n'est pas inculpé
Le bijoutier d'Esneux qui a tiré mercredi sur ses braqueurs n'est pas inculpé, a-t-on appris jeudi au palais de justice de Liège.
Son fils: "Je suis désolé, ils prennent un risque"
"Ce n’est pas la première fois. Il y a une dizaine d’années on a eu une grosse attaque, puis il y a quelques mois de nouveau on les attendait à leur domicile", explique le fils du bijoutier, qui évoque également une troisième attaque qui s’est produite il y a quatre ou cinq ans, où son père avait "failli laisser sa peau". "On s’y attend, on sait qu’on fait un métier à risque. A partir du moment où vous sentez votre vie en danger, vous n’avez pas le choix, c’est eux ou c’est nous. D’un autre côté, on défend les économies d’une vie aussi. Mes parents ont travaillé toute une vie pour leur magasin, pour leurs enfants, pour leurs petits-enfants, puis le malfrat arrive… Je suis désolé, ils prennent un risque. C’est un risque pour nous en tant que bijoutier, mais c’est aussi un risque pour eux", a-t-il confié au micro de Vincent Jamoulle pour RTL-TVI.
"Il faut une proportionnalité défense-attaque"
Le coup de feu mortel tiré par un bijoutier d'Esneux sur un des braqueurs qui ont tenté de l'agresser mercredi soir à son domicile relance une nouvelle fois le débat sur la légitime défense. Pour que cette notion soit d'application, il faut notamment que l'agression soit dirigée contre une personne, et non contre des biens, que celle-ci ait un caractère actuel et que la réaction soit proportionnée à l'attaque, rappellent jeudi plusieurs avocats interrogés par l'agence Belga.
L'article 416 du code pénal prévoit qu'il "n'y a ni crime ni délit, lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autrui".
Il y a donc légitime défense lorsque, n'ayant pas la possibilité d'écarter une agression grave et actuelle contre sa personne ou celle d'un tiers autrement qu'en commettant l'infraction, l'agent se défend d'une manière proportionnée à cette attaque injuste, rappelle Me Guillaume Gerlache.
Dans ce cas-ci...
Dans le cas de l'agression d'Esneux, celle-ci s'est produite de nuit au domicile du bijoutier. "Dans ce genre de cas, la notion de légitime défense est plus souple et s'obtient plus facilement car on considère que la victime se trouve dans une situation plus difficile à évaluer", souligne Me Antoine Leroy. Cette précision figure d'ailleurs de manière explicite à l'article 417 du code pénal.L'agression doit avoir un caractère actuel, ce qui signifie que la victime n'a pas la possibilité d'appeler à l'aide. Un cas de légitime défense n'est donc plus possible après l'attaque. Si la personne poursuit son agresseur, le caractère immédiat n'est plus d'application et toute réaction sera dès lors considérée comme une vengeance.
Ainsi, le bijoutier de Schaerbeek qui avait poursuivi deux malfaiteurs qui venaient de braquer son magasin et tué l'un d'entre eux avec une arme à feu, en avril 2010, avait été logiquement inculpé et placé sous mandat d'arrêt.
Le même sort pourrait donc concerner le bijoutier d'Alsemberg qui a blessé un braqueur à la gorge à l'aide d'un couteau après l'avoir poursuivi mercredi matin, même si aucune instruction n'a jusqu'à présent été ouverte à son égard.













Les chômeurs recevront un quart en moins
Jean-Luc Dehaene "oublie" de déclarer un bonus de 3 millions d'euros
Amnesty dénonce la Belgique: interdire le voile à l'école va à l'encontre de la liberté
Reynders compare Molenbeek à "l'étranger" (vidéo)
STIB: pas de reprise du trafic avant mercredi après-midi
La mère de Diana sous mandat d'arrêt pour assassinat
Que gagnent nos ministres par rapport aux ministres des pays voisins?
Agent de la STIB décédé: les transports en commun à l'arrêt jusque lundi
Ras-le-bol des motards: les escortes du Premier ministre ne sont pas le problème
Le père de Mohamed Merah va porter plainte contre la France pour "avoir tué son fils"