La direction d'ArcelorMittal Liège a expliqué pourquoi elle n'a pas pu "accueillir positivement" les alternatives des syndicats pour relancer la phase à chaud liégeoise. "Dans la mesure où la problématique à la base du projet de fermeture est liée à une surcapacité de production, ArcelorMittal n'est pas prêt à céder la phase liquide de Liège parce que redémarrer des capacités sur un marché déjà surcapacitaire ne ferait que dégrader les conditions de marché déjà défavorables", explique le géant de l'acier.
Vers une transformation des outils?
Par ailleurs, ArcelorMittal ne souhaite pas céder ses installations qu'il considère comme "stratégiques". "Celles-ci produisent de l'acier à haute valeur ajoutée et présentent un potentiel de développement. Ces usines font partie du dispositif industriel du groupe", ajoute ArcelorMittal. Enfin, le groupe sidérurgique a rappelé que la meilleure façon d'envisager l'avenir à Liège était "d'alimenter les outils du 'finishing' par des demi-produits beaucoup plus compétitifs que ceux de Liège".
La direction n'aurait même pas lu le dossier de reprise des syndicats
La décision n'agrée bien entendu pas les organisations syndicales, qui étaient venues avec la synthèse de leurs "Propositions alternatives" pour sauver la phase liquide. "La direction n'a même pas pris une demi-heure pour étudier notre document de 140 pages et nous répondre que nos propositions n'étaient pas crédibles car ils ne veulent ni céder, ni vendre leurs outils", explique Robert Rouzeeuw, président de la délégation FGTB-Metal. "Il n'y a eu aucun échange constructif sur nos propositions, aucune information sur l'avenir du froid", déplore David Camerini, président de la délégation CSC-Metea. "Nous devons donc constater que, selon nous, les obligations légales de la première phase de la procédure Renault n'ont pas été respectées".
Un mois de délai: "trop peu"
La direction a par ailleurs fait savoir aux organisations syndicales qu'elle ne poserait aucun acte susceptible de mettre en péril les outils de la phase liquide d'ici la fin juillet, afin de laisser aux syndicats le temps de présenter leur plan de sauvetage aux autorités régionales. "Mais ce délai d'un mois est beaucoup trop court", fulminent les syndicats, qui ont d'ores et déjà pris contact avec les autorités régionales pour qu'elles fassent pression sur ArcelorMittal pour allonger le délai. "Cela fait huit mois qu'on négocie dans le cadre de la procédure Renault, il n'est plus temps de tergiverser : le politique doit sortir du bois maintenant", insiste David Camerini.









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