Nordine Amrani avait sollicité en 2003 une bourse de la Région wallonne pour concevoir, réaliser et commercialiser un appareil de musculation. Carine Frerard, directrice de Job’in, au micro d’Axelle Noirhomme pour RTL TVI: "Nordine Amrani souhaitait créer un banc innovant de bodybuilding. A l’époque, il était soudeur et avait une expérience avérée en région liégeoise. Il faisait lui-même ce sport. C’est donc le genre de personne qui convenait." Son casier judiciaire était encore vierge, même s'il était poursuivi pour viols sur une mineure handicapée, faits pour lesquels ils sera condamné en décembre 2003, relève Sudpresse.



Au moins 7.000€ perçus

Le Soir rapporte qu'il a reçu sa bourse en deux fois, d'abord 12.394,68 euros, puis, un mois plus tard, 3.098,67 euros, imputés au budget 2004 de la Région. Sudpresse affirme pour sa part qu'il n'a reçu qu'une première tranche de 50 %, soit 7.746 euros, et n'a pas demandé le reste de la bourse.



"Il a abandonné le projet"

La société de Nordine Amrani n'a finalement jamais vu le jour, et on ignore à quoi le tueur a consacré l'argent. "Il aura donc rentré des factures, sinon il aurait été obligé de rembourser", fait observer Bénédicte Philippart de Foy, qui l'a accompagné à l'époque chez "Job'In", guichet d'entreprises à Liège. "On ne sait pas si ces achats ont été opérés pour ce projet... En tous les cas, il l'a abandonné". Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie, précise: "Il s’est posé la question du recouvrement des montants puisque les justificatifs n’avaient pas été déposés. L’administration a fait le choix à l’époque de dire qu’en raison du montant et de la faible chance de récupérer les sommes, il valait mieux en rester là."



Les contrôles sont bien plus stricts

Dans ce guichet d'entreprises liégeois, on ne demandait alors pas aux porteurs de projets de fournir un certificat de bonne vie et moeurs. Depuis quelques mois, c'est désormais le cas. Depuis 2008 en outre, l'Agence de simulation économique opère un contrôle beaucoup plus strict sur ce que deviennent les "bourses de préactivité". Un certificat de bonne vie et mœurs est notamment réclamé.