En juin dernier, nous vous parlions de la Melecta luctuosa, une espèce d’abeille très rare qui n’avait plus été observée en Belgique depuis plus de 40 ans et qui avait été redécouverte en région liégeoise à Tihange. Cette espèce avait été découverte grâce aux travaux entamés pour construire la liaison Tihange-Strée (N684). Ce chantier avait été interrompu faute de moyens, mais il pourrait reprendre. L’association Natagora, qui a pour but de protéger la nature, explique dans un communiqué que ce projet de route "pourrait enfermer plusieurs villages dans un cordon de béton, les paysages bocagers vont être défigurés, une zone boisée de grand intérêt pour la faune va être transpercée."

 

"Vitales pour les fleurs et les fruits"

L’association ajoute que la construction de cette route serait synonyme de mort pour la Melecta luctuosa alors que ces abeilles "sont vitales pour les fleurs et les fruits." Les membres de Natagora ont donc mis sur pied une pétition, qu’ils remettront à Carlo Di Antonio, ministre des Travaux publics, demain mercredi. Nous avons joint l'attachée de presse du ministre, celle-ci nous a indiqué que selon une expertise récente menée sur le terrain, la pérennité de cette espèce d'abeille ne serait en rien menacée par la construction de la route. Par ailleurs, ajoute-t-elle, des mesures d'aménagements et d'entretien des talus ont été prises afin de, au contraire, favoriser la vie de ces insectes.

 > LA PÉTITION

 

D'autres espèces menacées ?

Selon, l'association, la Melecta Luctuosa n’est pas la seule espèce menacée par la reprise des travaux. "D’autres espèces protégées d'insectes et d’oiseaux trouvent refuge le long du parcours de la route qui doit être raccordée. Les quelques garanties avancées par les promoteurs du projet en matière de protection de l’environnement sont insuffisantes: toute prolongation de la route entraînera la disparition à court terme de cette faune précieuse", ajoute-t-on.

 

Un espace où les enfants se sentent en sécurité

Outre la vie animale, l'association invoque la sécurité des enfants. Si la contruction de cette route voit le jour, de nombreux camions circuleront, car elle est prévue "pour un trafic de transit de 10.000 équivalents-véhicules par jour". Mais plus encore, des sentiers communaux "vont être déclassés et des passerelles pour faciliter la mobilité douce en toute sécurité ont été refusées. De nombreux enfants qui se rendent actuellement à l’école à pied ou à vélo en toute sécurité devront y être conduits en voiture!" Un espace où les enfants se sentent donc en sécurité pour l'instant risque de devenir inaccessible et ainsi de les priver d'une certaine liberté.