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Polémique du burkini: une jeune musulmane de Liège donne son point de vue

Polémique du burkini: une jeune musulmane de Liège donne son point de vue
 

Elle nous a écrit spontanément, via la page Alertez-nous. D'emblée, elle nous l'a annoncé: "Cela fait presque un an que je suis voilée". Depuis, nous a dit celle qui vient d'avoir 18 ans, "je suis encore plus sensible aux différents débats sur notre communauté". Tout comme nous avons relayé l'avis d'Ali, un boucher bruxellois de 38 ans, la semaine passée, il nous a paru important de continuer à donner la parole à de simples citoyens de confession musulmane dans ce débat sur le port du burkini. "Je ne suis pas là pour dire qui a tort ou qui a raison", dit celle qui veut d'abord expliquer, à la lueur de son expérience. Libre à vous d'exprimer votre opinion au bas de cet article dans notre espace de réactions. Avec respect. Le fait que la jeune femme ait souhaité garder l'anonymat n'est sans doute pas étranger aux violences verbales et flot de haine qui se déversent sur les réseaux sociaux autour de ce genre de débats.


À la plage, elle porte une tenue qui s'apparente à un burkini, pas ses cousines

Quand elle va à la plage, pas de bikini, cette habitante de Liège garde son corps couvert. "J'enfile ce qui peut s'apparenter à un burkini. Ce n'est pas la tenue telle quelle mais je mets un legging avec une tunique dessus", décrit-elle.

Ses cousines qui l'accompagnent parfois à la mer, elles, ne se couvrent pas systématiquement. Mais, elle, oui. Pourquoi? "Personnellement, je ne peux pas me permettre d'être hypocrite avec moi-même. Pourquoi se couvrir en ville et se déshabiller à la mer ? Dans mon coeur, je ne serais pas à l'aise de mettre un maillot ou un bikini, j'aurais l'impression de me trahir", explique-t-elle.


Elle a décidé de porter le voile il y a un an: "Une véritable libération"

La jeune musulmane a décidé de porter le voile il y a un an. Un choix délibéré après une "mûre réflexion", assure-t-elle. "Personne ne m'y a jamais obligée", écrit-elle. Pas même ses parents, qui lui ont toujours laissé le choix sur sa façon de pratiquer sa religion. Leur credo: "La foi se pratique dans le coeur". Si le voile est perçu par certains comme une sorte de début de prison, elle déclare qu'elle a ressenti l'effet contraire. "Pour moi, ça a été une véritable libération, je me sentais vraiment musulmane", dit cette jeune femme, beaucoup plus religieuse que la moyenne des filles de son âge. Elle prie cinq fois par jour et se rend le vendredi, "jour sacré", à la mosquée, dès qu'elle peut.


"Comme une supporter qui porte le maillot de son équipe favorite"

En quoi se sent-elle plus musulmane parce qu'elle porte le voile? Nous lui posons la question. "Je ressens une véritable fierté, je montre à tout le monde que je suis musulmane et fière de l'être comme une supporter qui porte le maillot de son équipe favorite", compare-t-elle. Elle avance une seconde explication, plus spirituelle. "Bien au-delà de l'image que je renvoie, c'est le sentiment d'être plus proche de Dieu qui me rend fière. Le fait de porter un voile sur ma tête me rappelle Dieu. Quand je me vois dans le reflet de mon miroir ou dans le reflet d'une vitrine, je pense à lui et me souvient de qui je suis", raconte notre interlocutrice.

La jeune musulmane de Liège n'est pas naïve et sait que certaines femmes n'ont pas le choix et sont contraintes de se couvrir d'un voile ou d'un burkini parce que leur mari ou leur famille les y obligent. Mais selon elle, ces personnes sont minoritaires dans nos sociétés. Et, par ailleurs, les choses évoluent et les femmes se révoltent de plus en plus pour être libre, constate-t-elle.

Dans ce contexte, si une famille musulmane ne peut imposer à une femme de porter le burkini, le pouvoir politique laïque lui non plus ne devrait pas interdire à une femme d'en porter un si c'est son libre choix, estime la Liégeoise. "C'est pour cela que je veux témoigner, pour éviter que des hommes politiques décident pour nous, décident de ce que nous devons faire, de ce que nous devons dire et surtout, décident de ce que nous devons porter! En prenant des décisions telles qu'interdire le burkini, ce sont les politiques qui nous enferment, ce sont eux qui nous éloignent des activités et des plaisirs extérieurs!", clame-t-elle.

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