Valérie a publié ce matin un témoignage dans notre DIRECT GRÈVE où chacun est invité à rendre compte de la situation dans sa région. La jeune femme, enceinte, écrivait qu'elle avait été bousculée et insultée alors qu'elle cherchait à franchir le piquet de grève pour se rendre sur son lieu de travail. Nous l'avons rappelée. Il s'agit d'un témoignage, nous n'avons à l'heure actuelle pas pu obtenir la version des grévistes.

Valérie travaille au CPAS de Molenbeek. Elle est arrivée vers 7h40 sur son lieu de travail. "Une vingtaine de personnes formait un piquet de grève qui bloquait l'entrée", raconte-t-elle. L'atmosphère était tranquille. L'employée salue les grévistes. Ils en font de même. Elle demande à pouvoir entrer dans les bureaux arguant qu'elle est enceinte et souffre de problèmes de tension. "Vous restez dehors! Vous ne rentrerez pas avant 9h", lui répond-on. "Allez, laissez-moi passer", insiste la jeune femme qui essaie de forcer le passage. Cette insistance aurait énervé certains grévistes. Ceux-ci l'auraient empêchée de passer et insultée, la traitant notamment de "grosse friquée". La future maman, les larmes aux yeux, raconte-t-elle, continue à tenter de passer: "Ca suffit, vous me laissez passer", demande-t-elle. En vain.

Finalement, Valérie profitera de la distraction des grévistes provoquée par l'arrivée d'une de ses collègues pour se faufiler dans les bureaux. La jeune femme nous a expliqué être "d'accord avec le principe de grève" mais les grévistes opérant des actions de blocage ou de filtrage devraient tenir compte de cas particuliers comme le sien, estime-t-elle. Celle-ci déplore de s'être fait insultée alors "qu'on ne connait pas ma situation". Elle nous a notamment expliqué qu'elle ne pouvait pas se permettre de perdre un jour de travail, vu les charges financières auxquelles elle doit faire face.