La crèche privée Au bonheur des p'tits fermait brutalement ses portes à Evere, en région bruxelloise, le 12 juin dernier. La surprise fut totale ce matin-là pour les parents qui amenaient leur bambin comme chaque jour. Ils tombèrent sur un huissier: le responsable des lieux avait mal géré sa comptabilité, il ne pouvait plus s'acquitter de ce qu'il devait. Quelques jours plus tard, Céline écrivait à notre rédaction pour nous sensibiliser à la difficulté croissante des responsables de maisons d'enfants (autre nom pour désigner les crèches privées) à Evere. La fin du bonheur des p'tits n'est-elle qu'un cas isolé dû à la mauvaise gestion d'une seule personne ou, au contraire, est-elle la conséquence visible d'un phénomène plus général ? Nous avons décidé d'appeler Céline, directrice de Tiwi, une maison d'enfants à Evere qui ouvrira ses portes à la rentrée.

 

Elle ne parvient pas à remplir sa crèche

À Evere, la plupart des crèches privées ne sont pas remplies, de nombreuses places restent disponibles alors que, dans le même temps, 90 enfants au moins sont sur les listes d'attente des crèches communales et prégardiennats, affirment Céline qui a consenti récemment de gros investissements pour créer sa maison d'enfants. Celle-ci ouvrira ses portes en septembre mais les inscriptions ont démarré depuis mars. "Ta crèche va être remplie du jour au lendemain", lui prédisait-on à l'ONE (Office de la Naissance et l'Enfance qui contrôle et garantit les crèches privées). Mais lorsque la directrice nous a contactés il y a deux semaines, seules 5 des 24 places étaient occupées. La raison est simple: le prix.

 

Des prix trop élevés

"Les parents viennent visiter les lieux, ils trouvent ça beau, coloré, etc. Mais quand je leur communique le prix (700 euros/mois pour un temps plein), ils sont refroidis" nous explique la responsable qui précise que ses prix figurent néanmoins dans la moyenne de la commune entre 620 et 850 euros pour un accueil temps plein dans une maison d'enfants. "Il faut gagner super bien sa vie", admet la directrice elle-même. Les parents qui ont d'ailleurs placé leurs enfants chez elle travaillent à la commission européenne ou à l'OTAN, situé non loin de là. Et encore, la plupart a signé des contrats pour des temps partiels, moins onéreux. Quant aux autres, ils se tournent vers d'autres solutions. Il y a les gardiennes d'enfants. Les grands-parents, aussi. Et notre interlocutrice de citer le cas de parents qui font le déplacement jusque Charleroi pour déposer leur enfant chez ses aïeux.

 

La solution: subsidier les crèches privées ?

Céline explique ne pas avoir le choix du prix: ses investissements sont importants, le coût du personnel l'est également. Elle propose dès lors une solution. Construire de nouvelles crèches communales coûte cher et prend du temps, pourquoi dès lors, vu la situation exceptionnelle du boum des natalités dans la capitale, ne pourrait-on pas envisager de subsidier les maisons d'enfants ? En octroyant une certaine somme par enfant de parents aux revenus modestes ou moyens, les pouvoirs publics pourraient permettre à ceux-ci d'accéder quand même à une place dans une crèche privée lorsque les crèches communales sont pleines.

> VOS REACTIONS SUR NOTRE PAGE FACEBOOK: "Je vais mettre mon bout de chou dans une creche privee a 13km de chez moi car aucune chance d avoir une place dans le communal"