"Mon fils a 2 heures de trajet le matin et le soir. C'est inadmissible. J'habite Vedrin et mon fils va à l'école spécialisée à Gembloux. Personne ne veut savoir quoi que ce soit pour changer cet horaire. La directrice de l'école a tout fait mais en vain. Mon fils ne va pas tenir toute l'année comme ça, d'autant plus qu'il a des activités en dehors de l'école qu'il aime et qu'il risque de devoir arrêter pour cause de fatigue. Il n'a que 9 ans et cela fait deux semaines que ça dure. Mon fils risque l'épuisement". Tel est le message de détresse que nous a adressée Christelle.

 

La ligne que l'enfant prenait les années précédentes supprimée faute d'élèves

Il y a deux ans, l'école spécialisée où aurait dû aller l'enfant, alors âgé de 7 ans, se situait à Jambes, à moins de 7 km de son domicile. Mais elle est alors arrivée à saturation. Christelle s'est donc vue contrainte de mettre son fils dans la deuxième école spécialisée la plus proche, située à Gembloux, à 18 km de son domicile. Si les transports scolaires des TEC Namur-Luxembourg s'étaient révélés efficaces pour son fils durant deux ans, il n'en va pas de même cette année.

Claudine Nols, la responsable du service transport scolaire aux TEC Namur-Luxembourg, explique que son service a pour mission de rationaliser au mieux les différentes ressources en matière de transports scolaires. L'année dernière, le fils de Christelle avait été placé sur une ligne de bus pour handicapés qui faisait un petit crochet pour lui. Mais cette ligne a dû être supprimée faute d'élèves. L'enfant devait donc être placé sur une autre, mais aucune n'existait. Voilà pourquoi une ligne existante des cars gembloutois a été prolongée jusqu'à son domicile. Mais étant l'élève le plus éloigné de la destination, il se retrouve à être le premier à monter dans le car le matin à 6h30 et le dernier à en descendre.

 

Une exception qui pénalisait trop d'autres enfants

"Les chauffeurs avaient pourtant fait une exception en début d'année pour le petit, à la demande de la maman", nous explique Mme Nols. Mais en venant le chercher à 7h30, la moitié des familles desservies jusqu'alors par la ligne devait s'y prendre 30 minutes plus tôt. "Donc on a insisté pour ne pas pénaliser les autres enfants qui, eux, devaient se lever plus tôt."

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Une impasse

L'affaire est pour l'instant dans l'impasse. N'ayant pas de permis de conduire et son mari travaillant, Christelle ne peut conduire elle-même son fils à l'école et ne peut donc bénéficier du système de remboursement de voitures individuelles des TEC. Elle aurait également refusé la solution hybride de rapprocher l'enfant en voiture d'un autre point d'arrêt du parcours, pour lui faire gagner du temps. De l'autre côté, les TEC doivent attendre que des élèves apparaissent. "Tous les jours il y a des mises à jour des circuits, donc ce n'est pas une solution définitive. Le contrôleur part sur des circuits pour résoudre les temps de transport des élèves, en particulier les plus fragiles comme les autistes. Mais il ne faut pas que la maman croie qu'on va remettre un circuit directement en place. L'arrivée d'autres enfants dans le quartier ou d'enfants devant se rendre à Gembloux pourrait changer la donne en cours d'année scolaire. Mais ce n'est qu'une éventualité." Christelle n'a donc d'autre choix que d'attendre que la situation se débloque, ou de changer son fils d'école, ce qu'elle refuse pour ne pas perturber la scolarité de l'enfant.