Le père de Philippe, André, est âgé de 78 ans. A l’heure où les plus fêtards sont encore dehors, son réveil sonne et sa journée commence: tous les matins, à 3h, lui et sa compagne se lèvent et assurent la tournée des journaux de leur région montoise pour une parcours de près de 50km… avant d’enchainer avec l’ouverture de leur libraire. "Pourtant ils pourraient jouir d'une pension bien méritée. Ils doivent continuer de travailler car sa pension n'est pas suffisante", explique leur fils, Philippe.

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Rien n'a changé

Dans un reportage tourné par Phlippe en 2009, le jeune homme lançait déjà un appel à l’aide face à l’impasse dans laquelle se trouvaient ses parents. "Depuis, peu de chose ont changé si ce n'est une opération pour la cataracte", déplore Philippe.

Dans le reportage, le couple est suivi alors qu’il se rend à l’Office National des Pensions afin de faire un point sur leur situation. "On a qu’une dizaine de milliers d’euros par an, on a que ça" explique René à la personne en charge de leur dossier, « donc il faut que je travaille, je suis obligé d’encore travailler", ce à quoi la dame s’empresse de préciser qu’en aucun cas, ce travail ne peut leur apporter de bonus pension autre que l’argent qui est le fruit du travail en question.

En effet, c’est avant qu’il aurait fallu cotiser. "Leur erreur à l’époque est de ne pas avoir assez cotisé pour une pension (ndlr: malgré le payement de leurs lois sociales). Mais on cotise déjà, on paye bien cher déjà pour de petits indépendants. Il faut faire une différence entre les petits indépendants et les gros indépendants, mais la somme est pourtant quasiment la même", reproche Philippe.

 

Rien ne changera?

La situation ne semble pouvoir aller en s’améliorant, au contraire. "Ils sont plus vieux, donc ils perdent la tête. Ça devient compliqué, il est endetté. Il a des crédits qu’il a dû contracté pour travailler, et il a fallu s’arranger avec la banque pour éviter les huissiers, en transférant le prêt en prêt personnel. Il doit donc travailler pour rembourser son crédit. Ça ne lui donne pas grand-chose, il ne peut pas s’arrêter de travailler", précise Philippe, alors que son père s’indignait déjà dans le reportage, de tout l’argent qui pouvait aller aux banques, mais en aucun cas au peuple. Vu l’actualité économico-politique, la situation ne risque malheureusement pas de s’arranger avec les années, et René et sa compagne continueront à vivre sans eau chaude.