"Arnaque ou mauvaise volonté?": Christophe rate le contrôle technique, change la pression des pneus… et repasse avec succès!

 

La voiture de Christophe a été recalée au contrôle technique fin juin. L'inspecteur lui aurait dit que la suspension était "foutue". Perplexe, notre témoin a modifié la pression des pneus et a repassé le test avec succès. Comment ce problème est-il possible? Le contrôleur ne pouvait-il pas vérifier la pression avant de donner un carton rouge à Christophe?

Christophe a récemment passé le contrôle technique avec sa voiture: une BMW âgée de 5 ans avec 80.000 km. Alors qu'il entretient son véhicule chez un concessionnaire de la marque, Christophe s'est fait recaler. Voilà ce que le contrôleur lui aurait dit: "L'amortisseur gauche, il est foutu. Il est mort. C'est la machine qui le dit. Différence gauche/droite. C'est foutu".

Convaincu qu'il y a une erreur, Christophe cherche une solution, finit par modifier la pression de ses pneus, et repasse le contrôle… avec succès! Du coup, il se demande s'il s'agit d'une arnaque ou de mauvaise volonté. En colère, il a publié une vidéo sur Facebook pour prévenir les autres automobilistes.

De notre côté, nous avons contacté la marque et le GOCA pour comprendre la situation.

J'ai perdu une demi-journée de congé et j'ai pris 12,50€ dans la tronche

Pour témoigner, Christophe s'est filmé et a diffusé la vidéo sur internet. Il y décrit pas à pas la mésaventure qu'il a vécue. "J'ai passé mon contrôle technique avec ma voiture, entretenue en concession. Lors du test d'adhérence et de suspension, le préposé m'a simplement dit 'L'amortisseur gauche est foutu, c'est la machine qui le dit'", confie-t-il. "Je suis donc sorti heureux du contrôle technique, avec un superbe carton rouge", ajoute Christophe, qui n'a pas perdu son sens de l'humour.

Convaincu que son véhicule est loin d'être défectueux et inapte à circuler, Christophe a tout simplement rectifié la pression de ses pneus et a repassé l'examen. "Après cette petite modification, j'obtiens par miracle un certificat de contrôle technique vert, donc valide. Et au passage, j'ai perdu une demi-journée de congé, et j'ai pris 12,50€ de repassage dans la tronche. Elle est pas belle la vie?", lance-t-il.


La voiture de Christophe est équipée de pneus renforcés

Dans la suite de la vidéo, Christophe explique que son véhicule est équipé de pneus runflat. D'après les dires d'un employé du contrôle technique et selon le concessionnaire, ce type de pneu poserait souvent problème. "J'apprends que des centaines et des centaines de véhicules ont été recalés pour le même problème. Ce qui est désolant, c'est que les contrôleurs sont au courant de la situation. Mais évidemment, quand on passe, ils n'ont pas la présence d'esprit de dire de vérifier la pression, ou retirer un peu de pression, pour passer le contrôle", explique Christophe, en colère. En-dehors de cela, il tient à dire sincèrement que les employés du contrôle technique "sont très sympathiques".


Une mauvaise pression peut vous faire rater l'examen: vous POUVEZ demander à changer la pression sur place

Du côté du GOCA, le groupement des entreprises agréées pour le contrôle automobile et le permis de conduire, on nous explique qu'une mauvaise pression peut faire recaler un véhicule. Qu'il soit équipé de pneus runflat ou normaux. "La première chose à dire, c'est que l'inspecteur ne vérifiera jamais la pression des pneus à proprement parler. Ce qu'il vérifie, c'est la suspension", indique Marie De Backer, porte-parole du GOCA.

En revanche, une mauvaise pression dans les pneus peut faire recaler votre voiture au test de suspension et d'adhérence. "Si la suspension semble défaillante, l'inspecteur peut proposer au client de vérifier la pression des pneus, et d'éventuellement la modifier sur place, pour repasser le test. C'est possible, mais ce n'est pas une obligation pour le contrôleur", ajoute-t-elle. Si l'inspecteur ne le propose pas, sachez que vous pouvez vous-même le demander. Vous en avez le droit. "Il ne faut cependant pas que le client demande à modifier quelque chose à chaque test. Car l'examen doit se faire dans un certain délai", précise Marie De Backer.

La porte-parole rappelle l'importance de la pression des pneus. "C'est votre seul lien à la route. Si le test de suspension montre une défaillance, cela signifie qu'en cas de problème sur la route, votre véhicule n'aurait pas réagi normalement. Et cela peut être dû à la pression des pneus. Il faut donc la vérifier régulièrement", dit-elle.


Les pneus runflats taille basse peuvent poser plus vite problème

Pour le cas de Christophe, il faut rappeler que les pneus runflat sont des pneus dotés de flancs renforcés, ce qui leur permet de ne pas trop s'affaisser, même en cas de perte de pression totale. "Face à une crevaison, on peut rouler jusqu'à 80 km/h durant 100 à 150 km", nous explique Christophe Weerts, porte-parole de BMW. "Le pneu est effectivement plus dur, un peu moins confortable, mais le gain en termes de sécurité est important. En cas de crevaison ou d'éclatement, on garde le contrôle du véhicule, on évite l'accident, et on ne doit pas s'arrêter sur le bord de l'autoroute, ce qui est une manœuvre dangereuse. Rappelons que la durée de vie d'une personne arrêtée sur la bande d'arrêt d'urgence est d'environ 20 minutes", ajoute-t-il.

Les pneus runflat sont proposés par BMW à ses clients, mais aussi par beaucoup d'autres marques. "Ce sont des pneus certifiés par les manufacturiers. Toutes les marques en proposent", précise Christophe Weerts.

Des pneus normaux surgonflés peuvent très bien faire rater l'examen de suspension. Cependant, il semble que les pneus runflats, surtout ceux taille baise (donc plus fins au niveau de la hauteur), posent plus vite problème. "Plus la roue est grande, plus la taille du pneu est basse, et donc plus le pneu est dur. Alors si en plus la pression dans le pneu est trop forte, la réaction face à un choc est amplifiée", explique le porte-parole de BMW. En conséquence, la machine du contrôle technique interprète la réaction du pneu runflat surgonflé comme une défaillance de la suspension.

Les boules quand même!

Lors de son premier contrôle technique, Christophe aurait donc pu demander à l'inspecteur de vérifier la pression, et de mettre celle indiquée par le fabriquant. Il ne l'a pas fait, et le contrôleur ne lui a pas proposé non plus… Un manque de réaction qui a choqué notre témoin, surtout lorsqu'il a appris que le problème était connu. "Sans rancune hein… mais les boules quand même!", conclut Christophe dans sa vidéo.


Faire opposition à une décision lors du contrôle technique

Si un client n'est pas d'accord avec les décisions prises lors du contrôle technique, il peut faire opposition. "Il doit d'abord s'adresser au chef de station, qui est toujours sur place et disposé à entendre une personne. Si le client n'est pas satisfait de la réponse du chef de station, il peut encore contacter la direction", explique Marie De Backer.
Si la réponse de la direction ne convient toujours pas au client, il peut encore contacter le ministère wallon. "La personne a un droit de recours. Le ministère est neutre, car il ne fait pas partie du centre de contrôle", affirme Marie De Backer.

Lien vers la procédure indiquée par le GOCA.

Pour la Région Wallonne: 
DGO2 - Mobilité et Voies hydrauliques
Direction de la certification et de l'homologation
Boulevard du Nord 8 - 5000 Namur
controle.technique.automobile@spw.wallonie.be


Pour la Région de Bruxelles-Capitale:
SPRB Bruxelles Mobilité
CCN - Rue du progrès 80 boîte 1 
1035 Bruxelles
bruxellesmobilite@sprb.irisnet.be


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