Louis RÉVOLTÉ par le vol de sa Range Rover: y a-t-il assez de sécurité dans le parking de l'aéroport de Charleroi?

Louis RÉVOLTÉ par le vol de sa Range Rover: y a-t-il assez de sécurité dans le parking de l'aéroport de Charleroi?
 

Mi-septembre, un habitant de Bruxelles découvre avec stupeur que sa voiture, garée dans le parking couvert de l’aéroport de Charleroi pendant son séjour au Portugal, a disparu. Victime d’un vol, le voyageur pointe du doigt le manque de sécurité à cet endroit. Est-ce le cas ? Ce vol est-il un cas isolé ? Nous avons interrogé les acteurs concernés.

En rentrant de vacances il y a une dizaine de jours, un Bruxellois a une mauvaise surprise. Pour respecter sa demande d’anonymat, nous l’appellerons Louis. Son avion atterrit sur le tarmac à Gosselies en début de soirée. Il récupère ses bagages et se rend dans le parking de l’aéroport où il a laissé son véhicule.

"Chez moi, ma voiture est toujours à l’abri derrière un portail. J’ai donc hésité à la prendre pour aller à l’aéroport. Mais c’est une habitude parce que c’est le seul parking couvert et que je pensais sécurisé. Quand on est partis, on a d’ailleurs vu trois militaires patrouiller. Ce qui m’a rassuré", raconte Louis, qui nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous.


Le système de reconnaissance des plaques est-il défectueux ?

Très prudent, le Bruxellois avait pris une photo de l’endroit exact où se trouve sa voiture. "Quand j’ai vu une BWM à la place de ma Range Rover, je n’ai donc pas eu beaucoup de doute. Et il n’y avait pas de bris de vitre sur le sol, c’était donc un vol commis sans infraction. J’étais révolté, même si c’est heureusement la première fois que cela m’arrive", confie le voyageur dépité.

Pour obtenir des informations, Louis interpelle des employés du parking présents sur place. "Ils ont plein d’écrans derrière eux. Je leur ai donc demandé s’ils ont accès au contenu des caméras de surveillance. Et là, à mon grand étonnement, je m’entends dire que leur système de vérification des plaques à l’entrée et à la sortie est défectueux depuis deux ans, et que rien n’est enregistré, c’est juste du direct. Je trouve cela révoltant dans le contexte actuel de menaces terroristes", déplore le Bruxellois.

Une information démentie par le porte-parole de la police fédérale. Il souligne que l’Automatic number plate recognition (ANPR) est un nouvel outil de contrôle et de surveillance. Il a été installé à l’entrée des aéroports de Bruxelles et de Charleroi, suite aux attentats de mars 2016. "A Gosselies, il n’y a plus qu’une seule voie d’accès. Et ce système de reconnaissance automatique des plaques, qui a donc été mis en place il y a moins de deux ans, est bel et bien fonctionnel", assure le policier. Des propos qui contredisent ceux de l’employé de l’aéroport relayés par Louis.


"Les images des caméras de surveillance ne sont pas conservées ad vitam aeternam"

Concernant les images des caméras de surveillance, le porte-parole de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) donne des éclaircissements sur la situation. Vincent Grassa tient d’abord à souligner qu’il s’agit de parkings publics, tels que pour les grandes surfaces. En conséquence, l’aéroport décline toute responsabilité en cas de vol ou de détérioration des véhicules stationnés.

"Le parking couvert P1 est sécurisé grâce à des caméras qui fonctionnent. Ces images permettent en fait de surveiller les lieux. Elles sont également utiles pour tout ce qui est opérationnel. Cela permet de voir si tout fonctionne bien et s’il y a des bouchons par exemple. Mais ces images ne sont pas conservées ad vitam aeternam. Et en cas d’infraction, elles sont transmises au service de police qui mène une enquête", explique Vincent Grassa.

Dans les aéroports de notre pays, il existe une police aéroportuaire qui dépend de la police fédérale. Ses agents sont notamment chargés de traiter les plaintes et les dépositions des passagers et des visiteurs. Conseillé par les employés au point d’information, Louis signale d’ailleurs le soir-même le vol de son véhicule auprès de la police de l’aéroport de Charleroi. Les policiers prennent sa déposition et lui transmettent son PV d’audition. 

Une fois le PV envoyé par la police au parquet, le dossier est attribué en fonction de la nature des faits. "Si c’est un cas isolé, c’est la police aéroportuaire qui est chargée de l’enquête. Si plusieurs véhicules sont concernés et que l’on soupçonne une bande organisée, l’enquête est menée par la police judiciaire de Charleroi", indique le porte-parole de la police fédérale.


Un investissement colossal après une vague de vandalisme l’an dernier

Qu’en est-il justement des derniers chiffres ? D’après les statistiques révélées par la police fédérale, en 2015, six vols de véhicules ont été recensés contre 21 en 2016. "L’année dernière, il y a eu une vague de vandalisme. Mais le vol de véhicules sur les différents parkings de l’aéroport reste rare. Il est en nette diminution", indique le porte-parole. Au premier trimestre 2017, aucun vol n’a été constaté. La voiture dérobée de Louis ne fait donc pas encore partie de ces statistiques encore incomplètes pour cette année.

"Après la hausse des vols en 2016, l’aéroport a investi pour sécuriser davantage les lieux", précise la police fédérale.

Une information confirmée auprès du porte-parole de Brussels South Charleroi Airport (BSCA). "Dans le parking P3, plusieurs véhicules ont été endommagés, des pièces ont été dérobées. Suite à cela, nous avons consenti un investissement colossal pour améliorer la sécurité. Nous avons notamment installé de nouvelles caméras plus performantes, qui captent plus de détails", confirme Vincent Grassa, qui précise que les deux autres parkings sont aussi sécurisés grâce à un système de caméras.

Pour tenter d’identifier les auteurs d’un délit, les enquêteurs se servent d’ailleurs des images de ces caméras "de très bonne qualité" ainsi que du système ANPR qui scanne les plaques d’immatriculation suspectes. "Et nous avons d’autres outils en boutique pour orienter l’enquête. Nous ne pouvons toutefois pas les dévoiler afin de ne pas compromettre leur efficacité", ajoute la police fédérale.


"On ne peut pas rester comme des pots de fleurs au même endroit 24h/24"

Enfin, suite aux attentats, des patrouilles régulières ont été mises en place pour sécuriser ce lieu hautement fréquenté. Leur mission n’est pas limitée au cadre terroriste. Ces forces de l’ordre peuvent intervenir si elles détectent tout comportement suspect, comme le vol d’un véhicule. "Le personnel est mobilisé en permanence. Mais je ne peux pas vous divulguer d’horaire. Et de toute façon c’est plus efficace quand une présence policière ou militaire est plus aléatoire. Mais en tout cas c’est impossible d’être présent sur chaque parking. On ne peut pas rester comme des pots de fleurs sans bouger au même endroit 24h/24", lance le policier.

Quelques jours après les faits, Louis a contacté la police aéroportuaire, chargée de son dossier. "J’ai vu une erreur dans le PV que je voulais envoyer à ma compagnie d’assurance. Je les ai donc appelés. Au téléphone, la policière m’a dit qu’elle s’occupait justement de mon dossier. Apparemment, une caméra a quand même filmé la sortie de ma voiture deux jours avant notre retour. Le conducteur possédait un ticket", confie le Bruxellois qui espère récupérer une somme convenable de son assureur.

Malgré la confirmation de la présence de caméras et de leur bon fonctionnement, Louis reste en tout cas méfiant. "C’est décidé. Je ne laisserai plus jamais ma voiture dans le parking", assure-t-il. Lors de son prochain vol à partir de Charleroi, il prendra un bus-navette.

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