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Les œuvres de cet artiste belge ont fait le tour du monde (photos et vidéo): qui est le jeune Ben Heine?

 

Dès son plus jeune âge, Ben Heine passait beaucoup de temps à dessiner. Petit à petit, il a développé un talent qui lui permet aujourd’hui de vivre de son art. Dans son studio de Rochefort, ce jeune homme travaille actuellement à des projets qui mêlent musique et art graphique.

Le jeune homme de 34 ans, qui habite avec sa femme et ses deux enfants à Rochefort, se présente comme "artiste plasticien et musical belge". En 2010, certaines de ses œuvres ont fait l’objet d’articles dans des médias anglais à très forte audience tels que le DailyMail ou le Telegraph, et lui ont permis de lancer sa carrière. Elles ont été exposées dans de nombreuses galeries à Bruxelles, mais aussi à l'étranger. Depuis, Ben s’est lancé dans bien d’autres projets, de la composition musicale au street art, en passant par le body painting. Nous avons interviewé cet artiste touche-à-tout afin de retracer son parcours.


Une passion pour le dessin qui remonte à l’enfance

Benjamin est né en 1983 en Côte d’Ivoire. Il a vécu à Bruxelles à partir de l’âge de 7 ans. Issu d’une fratrie de 4 enfants, Ben est le seul à s’être dirigé vers le monde de l’art. Si son père est un ancien ingénieur commercial, sa mère a une certaine fibre artistique puisqu’elle est chorégraphe et professeur de danse. Dès l’âge de 10, 11 ans, il a commencé à dessiner pour ne plus jamais arrêter. Enfant, il était un garçon solitaire qui aimait "tuer le temps", dit-il, en dessinant. Une activité "rassurante", confie-t-il. Dès qu’il rentrait de l’école, il se mettait à l’ouvrage, passant beaucoup de temps à développer sa technique. C’est ce qu’il a fait durant toute sa scolarité sans pour autant se décider à poursuivre des études dans ce domaine.


Il se dirige d’abord vers communication...

À la fin de ses études secondaires, Ben est parti en Angleterre pour une année sabbatique. Il a appris l’anglais et suivi quelques cours de peinture et de sculpture. De retour en Belgique, Ben ne savait pas quelle orientation choisir pour son avenir. Il a finalement poursuivi des études de journalisme à l’Ihecs qui "ne correspondaient pas vraiment à (son) profil". "Il y a des jeunes qui savent ce qu’ils veulent faire à 15 ans, moi à 20 ans j’hésitais encore. J’ai fait ça un peu pour avoir un diplôme en poche", explique-t-il. Sorti de cette école, Ben se sentait "un peu perdu" et toujours "tiraillé" entre le choix d’un métier plus traditionnel, comme le journalisme, et celui de ses projets artistiques, plus risqué au niveau financier.


… puis se lance pleinement dans l’art

Pendant deux ou trois ans, de 2006 à 2009, Ben a enchaîné les "petits jobs dans des boîtes de com", raconte-t-il. Le jeune homme a aussi donné quelques heures de cours (langues, histoire, religion) dans des écoles publiques. En parallèle, il développait ses projets artistiques presque gratuitement. Peu à peu, les œuvres se sont accumulées et Ben s’est construit un réseau. "J’ai pu commencer à exposer. J’ai un ami qui a joué un peu le rôle de manager, qui m’a bien lancé dans les galeries", poursuit-il. En 2010, le lancement d’une série intitulée "Pencil vs Camera", qui mélange photos et dessins, marque un tournant : ces images rencontrent un succès énorme, un "gros buzz" qui lui permet d’exposer un peu partout. "Ça a été fantastique, j’ai eu beaucoup de chance à ce niveau-là", confie-t-il. "Aujourd’hui encore des gens me contactent de je ne sais où parce qu’ils ont vu ces images quelque part", s’étonne-t-il.

Depuis lors, Ben a pu commencer à vivre de son art. Pendant trois ans, il a participé à des foires d’art, jusqu’à 4 ou 5 par mois, à Londres, à Berlin… partout en Europe. Il est devenu papa et a quitté Bruxelles pour une maison à Rochefort où il a installé son studio de création. Il se consacre désormais presque uniquement à ses activités artistiques, même s’il continue de donner quelques heures de cours d’anglais de temps en temps. "Mais mon vrai gagne-pain, c’est l’art", précise-t-il. Des galeries de Bruxelles et de l’étranger vendent ses œuvres. De plus, il touche des cachets pour ses performances artistiques, "un peu comme un musicien qui donne un concert". En revanche, Ben ne bénéficie pas du statut d’artiste. Il n’a pas fait les démarches pour l’obtenir parce que "tout ce qui est administratif (l)’horripile au plus haut point".


On le demande pour des événements organisés un peu partout

Le succès de sa série "Pencil vs Camera" continue de lui valoir des sollicitations ces dernières années. Il suppose que les articles le concernant étant toujours en ligne, il apparaît dans les résultats des moteurs de recherche. "Je suis contacté comme ça, je reçois un mail de Hong Kong qui dit ‘est-ce que tu viens le mois prochain pour un méga projet ?’", s’amuse-t-il. Ben est ainsi allé à Hong-Kong, en 2015, pour une collaboration avec le chocolatier Galler. Un projet auquel il a consacré presqu’un an de travail. En 2016, il a été invité à participer à une exposition itinérante en Russie. Il y a exposé ses œuvres graphiques, mais aussi des installations interactives. Au mois d’octobre, Ben a été convié à l'exposition de street art "Magic City" en Allemagne, parmi 40 artistes internationaux tels que Banksy, Shepard Fairey ou SpY. Début 2017, il s’est rendu à Ankara en Turquie pour un mettre en place une performance dans un centre commercial. Jusqu’à présent, ce sont toujours les organisateurs d’événements qui l’ont contacté mais, dorénavant, Ben souhaite être plus "pro-actif" et arriver avec des propositions, des "idées concrètes".


Il acquiert les connaissances pour ajouter le son à l’image

Depuis 3, 4 ans, la musique occupe une place de plus importante dans son travail. Il compose des morceaux qu’il qualifie d'"électro-pop". Une nouvelle dimension de son art qui a nécessité l’acquisition de nouvelles compétences. "En musique, il y a pleins d’aspects différents : ingénieur du son, mastering, composition, gestion des programmes informatiques", souligne-t-il. La démarche est donc "beaucoup plus complexe" que celle de dessiner, estime-t-il. L’apprentissage du solfège et la maîtrise des logiciels de production musicale a demandé des années de travail. "J’ai commencé par faire des trucs vraiment merdiques et là j’arrive à faire des trucs beaucoup plus pros", raconte-t-il. "Il faut bien se former", note-t-il.


La musique, "sa seule priorité" à l’heure actuelle

Dans ce domaine, Ben doit encore trouver son public : "Les gens qui aiment mon art graphique n’aiment pas forcément ma musique, et inversement". Mais c’est cet aspect qui le passionne le plus pour le moment, "sa seule priorité", dit-il. Cette activité n’étant pas encore rentable, elle l’oblige à puiser dans ses ressources financières qu’il doit à son art graphique. "Je dépense quand même pas mal de sous pour faire des clips de qualité", souligne-t-il. Néanmoins, Ben essaye désormais de mêler sa création musicale à son art visuel. Par exemple, il peint des modèles vivants, des danseurs qui dansent sur sa musique. Et à chaque exposition, il demande désormais systématiquement que ses morceaux soient diffusés. Ceux-ci font désormais partie intégrante du spectacle.


L’envie de surprendre continue de guider sa démarche artistique

L’association du son à l’image renforce sa démarche dont le but premier est de "surprendre les gens, les faire rêver pour leur permettre de s’évader de leur quotidien". Ben ne cherche pas à faire passer un message politique, estimant que ce n’est pas aux artistes de le faire. Il veut au contraire proposer "un rayon de soleil", un peu de divertissement dans le quotidien des gens, marqué par les tracas du travail. Ci-dessous, un petit florilège de ses réalisations.


 
 

 
 
 
 



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