Claire a vécu son enfance près d’un abattoir, elle est devenue végétarienne: "J'entends encore les hurlements des animaux"

 

Le lancement d’une charte Veggy dans les restaurants liégeois est une bonne nouvelle pour Claire. Végétarienne depuis 30 ans, cette Jemappienne nous a raconté ce qui l’a poussée à adopter ce régime alimentaire. Elle espère que son témoignage incitera d’autres personnes à l’imiter.

Claire nous a contactés via notre bouton orange pour saluer une initiative végétarienne relayée par RTLINFO fin février. La ville de Liège et l'ASBL Végétik s’associent pour la mise en place d’un label végétarien, décerné aux restaurateurs qui proposent au minimum un plat végétarien dont la qualité et le prix correspondent à un plat classique. Claire aimerait que cette tendance se développe partout en Belgique. Elle veut témoigner de "la possibilité qui nous est offerte à tous et toutes d'être en parfaite santé en étant végétarien". Pour elle, ce régime s’est imposé comme une évidence, "une force irrésistible", dit-elle. Nous l’avons contactée pour qu’elle nous explique comment elle s’est dirigée vers cette pratique alimentaire.


"Si je ferme les yeux, j'entends encore les hurlements des animaux"

Claire, 55 ans, est secrétaire paroissiale bénévole à Jemappes. Sa décision d’exclure la consommation de chair animale de son alimentation puise son origine dans l’enfance. De l’âge de 4 à 11 ans, elle habitait à Mons, dans une maison située à côté d’un abattoir. Elle entendait la mise à mort des animaux tandis qu’elle jouait dans la cours de la maison. "Si je ferme les yeux, j'entends encore dans ma mémoire les hurlements des animaux, de longs hurlements qui s'entendaient dans la cour où je jouais", raconte-t-elle. Sa maman lui a expliqué que les animaux criaient parce qu’ils avaient peur et non parce qu’ils souffraient. "Elle disait ça pour me rassurer", se souvient-elle. À cette époque, Claire n’imaginait pas le sort qui leur était réservé. Pourtant, elle voulait déjà devenir végétarienne. Sa mère l’en empêchait, estimant que ce n’était pas bon pour sa santé.


Un film et une vision révélatrice motivent sa décision

C’est bien plus tard que Claire a opté pour ce régime alimentaire. A l’âgé de 25 ans, elle est allée voir le film "Gandhi", qui narre la vie du célèbre chantre universel de la non-violence. Le film lui a fait forte impression. Elle y a notamment constaté que les hindous mènent leur vie sans jamais manger de viande. Le lendemain, elle s’est rendue chez le médecin pour lui demander s’il était possible d’être en bonne santé en se privant de viande. Le docteur lui a répondu positivement. Enfin, une révélation a achevé de la convaincre de prendre sa résolution.

Un jour j’ai eu une vision. Je m’interrogeais. J’étais chez moi, je me suis demandé combien d’animaux on mange pendant une vie. J’ai imaginé tout un troupeau devant moi qui me regardait dans les yeux. Je voyais leur beau regard, avec de l’amour. Je me suis dit ‘maintenant je vous laisse tranquille’.


Claire ne cherche pas à imposer son choix aux autres

Ses proches, qui connaissaient sa grande affection pour les animaux, n’ont pas été tellement surpris par sa décision de devenir végétarienne. Socialement, ce choix ne pose pas tellement de problème, explique-t-elle, d’autant que Claire ne veut l’imposer à personne. Elle est prête à cuisiner de la viande à ses invités, notamment à son neveu lorsqu’il lui rend visite. "Il est possible faire des repas mixtes", souligne-t-elle.


Une alimentation sans viande, mais équilibrée

Claire veut battre en brèche l’idée selon laquelle ne pas manger de viande engendrerait des carences alimentaires. Si, la première année, lorsqu’elle a commencé ce régime, une prise de sang de contrôle révélait en effet certains manques, Claire est ensuite parvenue à équilibrer son alimentation. Elle se félicite d’être "en parfaite santé depuis 30 ans" et livre quelques conseils pour être en forme sans manger de viande: "Il faut manger des céréales complètes, du pain complet, du fromage et consommer des fruits et des légumes variés et frais de préférence". Elle recommande de remplacer les farines blanches par des farines complètes. "Sinon on n’est pas nourri suffisamment", met-elle en garde. "Si vous manger du pain blanc et de pâtes blanches tout un mois, alors il va y avoir des carences", précise-t-elle. 


Ce régime lui procure une grande "joie affective"

Cela fait maintenant presque 30 ans que Claire ne mange plus aucune viande, aucun poisson, ni crustacé. Suivre ce régime ne présente aucune difficulté pour elle. "Je n’aime pas le gout de la viande. Je n’ai pas de tentation", explique-t-elle. Et d’ajouter : "Je ne saurais plus en manger, c’est irréversible. Pour moi c’est du cadavre, c’est de la souffrance". Au contraire, "être végétarien, c’est une joie affective d’une grande intensité", confie-t-elle.


Le rêve d’un monde sans souffrance

De foi chrétienne, Claire s’inspire de sa croyance pour expliquer son amour des animaux. "Aimez-vous les uns les autres, je l’étends aux animaux. L’animal aime, il est capable d’amour. Ce sont des innocents à notre merci. C’est de la lâcheté de les faire souffrir", clame-t-elle. "Je prie pour que le monde devienne végétarien", confie Claire. Se priver de viande "allège un peu la balance de la souffrance sur terre", estime-t-elle. Claire rêve d’un monde sans souffrance, ni humaine, ni animale. "Il faut tendre vers ça, il faut lutter pour et alerter le monde. C’est un combat pour la beauté de la vie."

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