Comment aller travailler quand vos enfants tombent malades? Cindy a pu bénéficier de plusieurs aides

 

Cindy travaille comme aide-ménagère dans une société de titres-services. Récemment, elle a dû faire appel à un service de garde à domicile pour ses deux enfants, malades au même moment. Elle a d'abord été surprise de devoir payer "double" pour qu'une gardienne s'occupe de ses deux enfants, ce qui a fameusement fait grimper la note. Mal conseillée au départ, elle a cru que la mutuelle ne la rembourserait pas, mais a finalement bel et bien eu droit à une intervention. Sa patronne, qui salue son geste de venir travailler malgré la situation, avait dès le départ décidé d'intervenir financièrement. C'est elle qui réglera le reste de la facture.

Cindy nous a confié son histoire via le bouton orange Alertez-nous. Cette mère de 37 ans vit à Fallais dans la commune de Braives, en province de Liège. Elle travaille comme technicienne de surface pour une société de nettoyage à domicile à Hannut. Récemment, pas de chance, ses deux enfants sont tombés malades en même temps. Impossible d’emmener le plus grand, âgé de 3 ans, à l’école, puisqu’il était atteint de la varicelle. Elle ne pouvait pas non plus déposer sa fille, âgée elle de 21 mois, chez la gardienne: "Elle a commencé par une grosse angine qui a tourné en bronchite, donc interdiction de l’amener parce que c’est contagieux", nous explique Cindy.


"Je n’avais pas le choix, il fallait que je puisse travailler"

Mais il était hors de question pour Cindy de ne pas se rendre chez ses clients cette semaine-là. Elle a fait appel à un "CSD", un centre de services à domicile (ici, de la mutualité Solidaris), puisqu’elle n’avait pas la possibilité de demander de l'aide à des proches ou à de la famille: "Sinon je l’aurais fait, mais là je n’avais pas le choix, il fallait que je puisse travailler. J’ai plusieurs familles, chez qui je vais, et eux, ils comptent sur moi. Si je m’absente ils doivent me remplacer, et les gens ne sont pas spécialement contents quand c’est quelqu’un d’autre qui vient chez eux, ils ne connaissent pas la personne, donc eux prennent congé pour être là pour accueillir la personne qui va me remplacer, ce n’est pas vraiment une situation idéale".

Quant à son compagnon, il travaille à l’usine, et ne pouvait pas non plus s’absenter: "Il va sur tous les postes, on le rappelle tout le temps, donc impossible pour lui de prendre congé à chaque fois que les petits sont malades".


Les CSD, c’est quoi ?

Les centres de services d’aide à domicile des mutualités assurent un service de garde d’enfants malades lorsque les parents doivent aller travailler. "Le but est de prendre soin de l’enfant. Ce sont souvent des puéricultrices qui viennent à domicile. On l’assure jusqu’à l’âge de 15 ans, et il n’y a pas d’âge minimum", nous explique Eleonore Cotman, référent "Aide aux familles" à la Fédération des CSD de la mutualité Solidaris. 

Il existe 5 CSD en Wallonie, qui offrent des gardes d’enfants malades, et qui appliquent des tarifs différents: "Ils restent assez semblables, autour des 5 ou 6 euros de l’heure. On essaye de faire les tarifs les plus accessibles possibles tout en faisant tourner le service. Le but est de permettre aux gens d’aller travailler, même si c’est une solution de dernière minute". A titre indicatif, le CSD de Seraing a aidé 177 familles en 2016.


"Il y a la moitié de mon salaire qui part"

C'est à ce centre que Cindy a fait appel, comme ça a déjà été le cas par le passé. Elle sait donc que l’intervention coûte aux alentours de 6 euros de l’heure. Mais au moment de recevoir la facture, elle est tombée des nues: le montant total s’élevait à… 487 euros, à savoir 301€ de frais pour 5 jours de garde pour sa petite fille, et 186 pour trois jours pour son fils. "J’ai eu une facture pour la petite, et une à part pour le petit, alors qu’ils étaient ensemble", nous dit-elle. "Je touche 10,49 € de l’heure, donc c’est la moitié de mon mois qui part pour garder mes enfants pour que je puisse aller travailler".

Cindy s'étonne que le tarif soit doublé alors que la même personne est venue garder ses deux enfants. "Ils font encore la sieste, et avec 40 de fièvre, ils dorment", commente-t-elle. Eleonore Cotman répond: "C’est assez différent selon chacun de nos services de CSD. Certains ne font payer que 50%, d’autres la totalité. Dans les crèches, c’est aussi comme ça, car c’est aussi deux fois plus de travail pour la puéricultrice".


Sa patronne paie la moitié de cette facture "infernale"

Cindy pensait pouvoir bénéficier d’un remboursement, mais dans un premier temps, elle a été mal aiguillée: "On m’a dit que la mutuelle intervenait à raison de 30%, or quand je rentre les documents à ma mutuelle, on me répond que je n’y ai pas droit, parce que je déduis déjà ma gardienne officielle des contributions", nous explique-t-elle.

Elle en a alors parlé à sa patronne, qui a décidé de payer la moitié de la facture: "On est intervenus dans les frais qui sont exorbitants, parce que la salariée a choisi par tous les moyens de pouvoir venir travailler, d’assurer son job. En réciprocité, je trouvais ça tout à fait normal qu’on l’aide, parce que quand on voit le coût de la facture, c’est infernal", explique Cécile Berte, qui est à la tête de la société de titres services "Les Sœurs Raclette", à Hannut, et emploie 65 salariés.


"Si tu devais faire ça pour toutes les filles, tu peux fermer boutique"

Le geste a toutefois embarrassé Cindy: "Elle ne va pas payer pour toutes les filles ou chaque fois que les petits sont malades, ce n’est pas à elle d’intervenir. Je lui ai dit, imagine, si tu devais faire ça pour toutes les filles, tu peux fermer boutique", nous confie-t-elle. Nous avons demandé à sa patronne de réagir à cette réflexion: "Il faut savoir qu’une partie des gens ont un enfant malade et ne viennent pas, tout simplement. Là, Cindy, elle fait l’effort de venir, elle se débrouille avec ses clients, ça nous paraissait tout à fait logique d’intervenir dans les frais qu’elle a encourus pour pouvoir venir travailler".


Tout est bien qui finit bien

Lorsque nous avons soumis le cas de Cindy à la Fédération des CSD, celle-ci a rapidement réagi. Car il s’agissait d’un malentendu, la maman avait bel et bien droit à un remboursement. En effet, Solidaris rembourse jusqu’à 1200€ par an maximum des frais de garde d’enfants. "Cela va jusqu’à 40€ par jour, pour maximum 10 jours par mois et 30 jours par an", détaille la Fédération des CSD. Cindy nous a tenus au courant: "Une personne a fait le nécessaire pour mon remboursement et m’a déjà fait parvenir la quittance, ma chef prend quand même le reste à sa charge", précise-t-elle.


La patronne prête à assumer, "quitte à être dans le rouge"

Et si un cas de figure similaire se reproduisait ? La patronne de Cindy l’avait prévu et est prête à assumer les frais, quitte "à être dans le rouge", par principe: "Depuis des années on a une brochure d’accueil pour les salariés quand ils commencent chez nous, intitulée, "Quand le petit est malade, c’est toujours maman qui prend congé ?". C’est toute une série de questions comme par exemple, "Est-ce que votre salaire vous sert juste à faire du shopping, est-ce qu’il n’aide pas aux besoins du ménage ?". Si vous me répondez oui à tout ça, alors ok, prenez congé. Si vous répondez non, j’ai besoin de mon salaire, parce qu’on est deux à travailler, à ce moment-là, prenez contact avec un service de garde d’enfants, et nous interviendrons dans le prix", nous explique Cécile Berte.

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