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Mehdi déçu par sa famille marocaine de Bruxelles: "Ils ne pensent qu'à eux-mêmes et vivent seulement à leur façon"

Mehdi déçu par sa famille marocaine de Bruxelles:
 

Contacté parce qu’il avait été soupçonné de radicalisme après une dénonciation, Mehdi s’est spontanément confié sur sa vie. Le jeune homme a un parcours particulier, qui l’amène à analyser ce qu'il a découvert de la communauté marocaine de Bruxelles avec un regard extérieur très critique. Il a testé la vie à Bruxelles en se rapprochant de son père et de ses origines, mais l’a vite quittée déçu par ce qu’il y a découvert. Aujourd'hui, il veut élever son fils dans des valeurs plus proches de la campagne où il a été élevé.

Mehdi et Dunia habitent tous les deux à Merchtem, près de Bruxelles dans le Brabant flamand. Ils sont les heureux parents d’un petit garçon d’un an et travaillent tous les deux à la Ville de Bruxelles.

Un couple sans histoire, si ce n’est une petite frayeur début du mois d’août. Sur dénonciation, la police de Viroinval, une région qu’il a habitée presque toute sa vie, l’a un temps soupçonné de s’être radicalisé. Une information développée dans cet article, et qui s’est bien terminée puisque Mehdi n’a rien à cacher.

Mais cette enquête lui a fait du mal. "Ça m'a peiné", explique-t-il. Car il déclare être tout sauf un islamiste radical. Il a confié à RTL info son histoire, celle d’un jeune homme élevé "à la belge" qui a voulu retrouver ses racines et est vite revenu à son mode de vie d’avant, déçu par ce qu’il a découvert en fréquentant la communauté marocaine de Bruxelles.


L’homme a une histoire à partager, un message à faire passer. Le voici :

Élevé par sa mère à la campagne

"Je suis à moitié belge et à moitié marocain. Je suis né en Belgique et j’ai grandi à Couvin. Je n’ai pas grandi avec mon père marocain, mais seulement avec ma mère belge. J’ai donc été totalement éduqué à la façon belge. J’ai fait toutes mes études uniquement avec des Belges. J'ai grandi avec des voisins qui prenaient de nos nouvelles, j'allais à la pêche, je chassais les serpents, j’allais voir mes grands-parents fermiers à Floriffoux"
, se souvient-il. Une enfance et une adolescence typique des jeunes des Ardennes namuroises.


Envie de retrouver son père

Mais le jeune adulte qu’il était devenu a ressenti un manque. Celui d’un père et de racines qu’il connaissait mal. "Il y a quelques temps, j’ai eu envie de retrouver mon père. J’ai toujours aimé le Maroc et les bons côtés de la religion, en tout cas ceux dont je me souvenais et que ma grand-mère incarnait : les grands repas en famille, le partage. Ça me manquait. J'ai donc retrouvé ma famille du côté de mon père, qui vivait à Bruxelles, et j’ai voulu me remettre dans la religion, parce que je n’étais pas pratiquant. Je me suis donc intéressé à cette religion."


Un mariage religieux

Il redécouvre l’islam et, par la même occasion, l’amour. "C’est par l’intermédiaire de ma famille que j'ai rencontré Dunia, qui elle vient d’une famille pratiquante. On s’est marié religieusement et je suis venu vivre à Bruxelles avec elle en 2014." Mais là, tout ne se passe pas comme il l’espérait. "Il y avait beaucoup de choses que je ne connaissais pas de la façon dont les gens pratiquent l’islam à Bruxelles. Et j’en suis vite revenu à ma façon de vivre à la belge !", s’exclame-t-il.


"Je peux comprendre que le Belge en a marre"

Des griefs, il en a beaucoup à formuler envers certains membres de cette communauté. Car s’ils ne représentent qu’un peu plus de 4% de la population en Belgique, certaines communes bruxelloises sont peuplées à plus de 50% par des Belges d’origine marocaine et des Marocains. Une présence si forte qu’elle nourrit selon lui une forme de communautarisme, aboutissant à une manière de vivre très différentes des valeurs dans lesquelles il a été éduqué.

"Les Marocains, il faudra encore beaucoup d’années pour qu'ils s'instruisent. Ils sont égoïstes, ils ne pensent qu'à eux-mêmes et vivent seulement à leur façon. J’ai vécu avec eux, et ils n'ont aucun respect, aucune éducation", assène Mehdi. "Je peux comprendre que le Belge en a marre. Moi-même j’en ai marre des Marocains qui ne respectent rien."


"Pas en accord avec leur religion"

Et puis, il y a la religion, l’islam. Lui qui l’a étudiée récemment, il a découvert que nombre de Bruxellois d’origine marocaine la méconnaissent. "Je me suis aussi rendu compte qu’ils n’étaient pas en accord avec la religion musulmane, qu’ils ne la respectaient pas. La personne qui la pratique réellement, ce n’est pas ce genre de personnes-là qui vit à Bruxelles. Normalement, c’est comme la religion catholique ou protestante, c’est ne pas faire de mal aux gens, respecter, faire le bien autour de soi, élever ses enfants dans droit chemin. C’est ça la vie, et pas partir en Syrie faire la guerre à tout le monde. Après, les pouvoirs publics, les politiques, ont aussi une part de responsabilité, il ne faut pas le nier non plus.", déplore-t-il.


"Je ne prie plus, je ne mange plus halal"

Mehdi le sait, par ces paroles, il fait une généralité. Quand on lui fait remarquer, il reconnait que la plupart des Bruxellois d’origine marocaine ne sont évidemment pas des terroristes en puissance. Mais ce mode de vie parfois trop fermé sur leur propre culture a eu raison de ses espoirs. "Je me suis vite éloigné de ce côté de ma famille, de ce côté extrême. Je ne prie plus, je ne mange plus halal. Quand on s’est rencontrés, Dunia portait le voile. Mais je lui ai dit que ce serait bien qu’elle le retire, ce qu’elle a fait. Elle travaille pour la ville de Bruxelles avec beaucoup de Flamandes et on a décidé de quitter Bruxelles pour déménager en Flandre, à Merchtem."


"J'ai parfois envie de reprendre le nom de ma mère"

Avec ce vécu, l’actualité qui ravive un sentiment antimusulman chez certains et les soupçons dont il vient d’être victime, le jeune papa ne sait plus trop où se positionner. "J’ai parfois envie de reprendre le nom de ma mère. Je ne me sens plus musulman mais juste citoyen belge. Avec tout ce qui se passe en ce moment, je ne sais plus quoi penser, je suis perdu. J'essaie de mettre mon petit garçon sur droit chemin et d'avancer."

Sa seule certitude, c’est où il finira ses jours. "Je suis né à la campagne et j’y retournerai, je vieillirai à la campagne. Je retournerai à l’essentiel."

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