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Rosa Maria, une Barcelonaise, témoigne à RTL des violences qu'elle a vécues durant le vote

Rosa Maria, une Barcelonaise, témoigne à RTL des violences qu'elle a vécues durant le vote
 

Une habitante de Gembloux nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous car son frère, Philippe, habite à Barcelone avec sa femme, Rosa Maria. Le couple a été voter ce dimanche matin pour l'indépendance de la Catalogne. Rosa Maria a accepté de témoigner pour RTL afin de décrire ce qu'elle a vécu sur place.

On votait dans une ambiance de fête

Il est 9h ce matin lorsque Rosa Maria et Philippe décident de sortir de leur maison pour participer au référendum sur l'indépendance de la Catalogne. À Barcelone, où ils habitent, des militants occupent les bureaux de vote depuis 4h ou 5h du matin, dans le but d'arriver avant que la police et la garde civile ne puissent bloquer les lieux. Certains ont même dormi sur place. "Nous avons été dans un centre de santé car l'école où le vote était prévu a été fermée. On a pu rentrer, il n'y avait pas de policiers, ils n'étaient pas encore arrivés", témoigne Rosa Maria, avec un léger accent catalan.

À ce moment, le referendum est encore vécu comme une fête. "On est des gens pacifiques. On a voté dans le calme, paisiblement. C'était comme une fête tranquille. On laissait passer les personnes âgées pour qu'elles puissent sortir plus vite", explique notre témoin.

Une fille s'est retrouvée avec tous les doigts d'une main cassés

Mais une fois que Rosa Maria et Philippe ont quitté leur bureau de vote improvisé, la situation a dégénéré. "On a couru, parce qu'ils ne se préoccupent pas que tu sois jeune, vieux, enfant, en chaise roulante… On a couru, on a vu des gens par terre. Et même au sol, les policiers continuaient à donner des coups de pieds", décrit la Barcelonaise.

"On a aussi vu un problème avec un ambulancier. Il était en train de venir en aide à une personne allongée par terre, parce que les policiers l'avaient brutalisée, mais ils ne permettaient pas que le secouriste fasse son travail", explique encore Rosa Maria.

Choqué par les violences, le couple décide de rester dans la rue en soutien aux militants et aux blessés. "On est resté dehors, parce qu'on avait peur que la police et la garde civile ne rentrent dans les écoles et les bureaux de vote, comme ils l'ont fait à certains endroits. On s'est dit qu'en restant dans la rue ça serait dissuasif et que ça les empêcherait d'agir", affirme notre témoin.

Rosa Maria n'a pas pu filmer elle-même les violences, mais elle a reçu des images par l'intermédiaire de plusieurs proches. Des vidéos que vous pouvez voir en haut de cet article.

C'est la même histoire que j'ai vue quand j'étais petite, à l'époque de Franco

Aussi troublant que cela puisse paraître, Rosa Maria ne se dit pas surprise ni étonnée de la violence exercée par les forces de l'ordre. "Je suis de Barcelone, j'ai habité ici presque toute ma vie. Malheureusement, on est habitué à ça. Quand on demande un peu de liberté, que l'Etat utilise des mesures d'oppression. Je me souviens quand j'étais petite, à l'époque de Franco, avec ma sœur on devait courir quand on sortait de l'université parce que la police pourchassait les étudiants. Dans les manifestations, les policiers utilisaient la violence. Ce qu'on a vu aujourd'hui, c'est ce que j'ai déjà vu quand j'étais petite, à l'époque de Franco", affirme Rosa Maria. "Vous savez, pour ce vote, on était pacifique. On n'avait pas d'arme…", ajoute-t-elle.

Rosa Maria et Philippe sont rentrés chez eux, sains et saufs, vers 16h. Mais le couple ne compte pas en rester là. "Il y a une manifestation prévue sur la place de la Catalogne, à Barcelone. On va y aller", conclut la Catalane.

David Fourmanois

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