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Terrifié à l’idée de prendre l’avion, ce Belge a créé un simulateur de vol ultra-réaliste: "Pour construire un cockpit, c’est pas Ikea"

Terrifié à l’idée de prendre l’avion, ce Belge a créé un simulateur de vol ultra-réaliste:
 

Suite à une expérience traumatisante dans les années 70, Pierre Van Walleghem s’est refusé à prendre à l’avion pendant trente ans. Au début des années 2000, il a commencé à s’intéresser à la simulation de vol. Parti d’une installation sommaire dans un coin de son bureau, il propose désormais des séances au grand public et aux professionnels dans un cockpit de Boeing 737NG plus vrai que nature.

Il était fasciné par l’aviation, mais avait une peur bleue de monter à bord d’un avion. Pierre Van Walleghem nous a raconté ce "paradoxe" en lui, comme il le qualifie, et le point de départ de son aventure aéronautique. L’origine de cette angoisse ne fait aucun mystère pour ce père de famille de 53 ans: un baptême de l’air traumatisant, lorsqu’il avait 15 ou 16 ans, organisé pour toute sa classe par l’armée de l’air: "Les paras qui étaient aux commandes voulaient nous impressionner. J’étais assis dans le fond de l’avion, ils ont ouvert la trappe de largage à 3000 pieds d’altitude. Ils ont fait quelques figures en vol, raconte-t-il. Je ne sais pas s’ils auraient le droit de le faire aujourd’hui." Suite à cela, Pierre Van Walleghem n’a pas pris l’avion pendant trente ans, se contentant de vacances dans des lieux accessibles en voiture. "Je m’inventais toutes les raisons de ne pas être triste de cette phobie", analyse-t-il aujourd’hui.


Au départ, un simple PC dans un coin de son bureau

Mais Pierre n’avait pas l’intention d’en rester là. Dans l’idée de vaincre sa peur, il a acheté le célèbre jeu de simulation de vol Flight Simulator. "Rapidement, ce qui est intéressant, c’est d’avoir une vue extérieure panoramique", explique-t-il. Le bureau de son habitation de Woluwe-St-Pierre s’est donc vite retrouvé envahi par les écrans : trois pour le panorama et un pour la représentation graphique du cockpit. Il a fait l’acquisition d’un Yoke de chez Saitek, c’est-à-dire un manche en acier muni de pédales pour mieux commander le simulateur. Pierre a pris goût au matériel et sa quête de réalisme est devenue insatiable. Il a effectué des recherches sur des forums spécialisés, s'est procuré les manuels originaux de chez Boeing et des ouvrages techniques détaillant tous les systèmes des 737 NG. Car Pierre a jeté son dévolu sur ce dernier modèle — l’élément principal des flottes de Ryanair ou JetAirFly.


Un rigoureux travail de recherche et des pièces venues du monde entier

La construction de ce qu’il qualifie aujourd’hui de "petit bijou" est le fruit d’un travail de longue haleine. "Pour construire un cockpit, c’est pas Ikea, il n’y a pas un truc avec un mode d’emploi et ‘do it your self’. Il faut travailler avec des constructeurs qui travaillent partout dans le monde", souligne-t-il. Pierre achète alors des pièces venues d’Espagne, Allemagne, Portugal, Chine, Etats-Unis (…) et fait évoluer sa suite logicielle pour sans cesse améliorer les sensations de pilotage et d’immersion.

"Dans l'élaboration du projet et sa construction, j'ai travaillé essentiellement seul", rapporte cet autodidacte passionné. "Avec toutefois l'aide précieuse d'un de mes frères qui est ingénieur en électronique, d'un neveu dessinateur technique, et de mes deux fils qui sont venus régulièrement prêter main forte", précise-t-il. Dans la phase de mise au point, des pilotes professionnels sont venus l'aider à ajuster les paramètres avec le plus grand réalisme possible. "J'ai été ravi d'entendre un capitaine 737 me dire que mon simulateur de vol était 'bluffant de réalisme'", se souvient-il.


L'exploitation commerciale du simulateur de vol

Fort de cet aboutissement, Pierre a travaillé au développement d’une activité commerciale en créant le "Brussels Sim Aero Club". Il a loué et aménagé un ancien garage proche de Zaventem pour y installer son simulateur de vol. Le club accueille une clientèle variée : professionnels, étudiants pilotes, fans de simulations (les "simmers"), grand public et phobiques de l’avion venus vaincre leurs peurs. Les tarifs varient en fonction de deux critères, explique Pierre à Tinynews : "Le nombre d’heures réservées, et le personnel supplémentaire éventuellement demandé (un opérateur est d’office présent et intégré dans le prix de location)."

Des "fun flight" (sans instructeur) sont prévus pour le grand public. Les sessions coutent de 80 à 90 euros de l’heure et leur prix ne change pas si elles sont partagées à plusieurs. Il s’agit en majorité de cadeaux d’anniversaire, raconte Pierre. Il évoque même une "demande en mariage planifiée en vol la semaine prochaine".


Ses peurs vaincues, il va même jusqu'à suivre une formation de pilote

Quant à sa phobie de l’avion, Pierre s’en est débarrassé en court de vol. Trente après, il est finalement remonté dans un avion pour se rendre à Ténérife (îles Canaries). En 2010, il a vécu une expérience déterminante dans un avion 4 places en Guadeloupe, "un souvenir incroyable". "C’était l’enchantement total, se rappelle-t-il. Le pilote m’a laissé prendre les commandes en vol. Je me suis dit que j’adorais, que je voulais faire ça aussi !" De retour en Belgique, Pierre a même décidé d’entamer une formation de pilote à Namur…

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