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Un Montois plaque tout et rénove une chapelle pour un projet fou (photos): "On a eu plus de monde que prévu à l'inauguration!"

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Un Montois a fait le pari de tout plaquer pour sa passion: il a quitté l'enseignement, a restauré une ancienne chapelle et y a ouvert une galerie d'art. Pour promouvoir les artistes encore peu connus, il a mis en place une plateforme de crowdfunding. Une solution pour la galère que connaissent les jeunes artistes belges qui tentent de décrocher une exposition?

Avez-vous déjà vu des œuvres d'art être exposées dans une ancienne chapelle? C'est ce que propose, entre autre, la Thanks Galerie. Benoît Dumortier, son concepteur, a rénové la chapelle des Telliers pour la transformer en galerie d'art contemporain. Un véritable pari. "Je me lance complètement là-dedans, admet-il par téléphone, après nous avoir joints via notre page Alertez-Nous. J'ai cessé d'enseigner et j'ai entamé une carrière en tant qu'indépendant". C'est que son projet lui demande du travail: outre la galerie d'art, Benoît a aussi lancé une plateforme belge de financement participatif dédiée à l'art.

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Pour exposer facilement, il faut être connu ou avoir de l'argent

Pour comprendre l'intérêt d'une telle plateforme, il faut savoir à quel point il est difficile pour de jeunes artistes d'exposer leurs œuvres ou de trouver les fonds pour le faire. "En général, on tente de trouver une salle où exposer dans son village ou sa ville, explique Benoît Dumortier. On tente, via les services communaux ou des asbl, d'avoir des locaux gratuitement ou pour une petite somme. Si on doit payer, on demande souvent aux proches de participer ou on tente de décrocher un petit budget prévu par la ville pour certains événements. Franchement, si on n'est pas connu, c'est souvent la galère".

Et les galeries alors? "En général, elles vont travailler avec des pointures, regrette le gestionnaire de la plateforme. Il est rare qu'elles prennent des risques. Les galeries vont donc, le plus souvent, travailler avec des artistes qui rapportent de l'argent".


La Thanks Galerie propose un système de crowdfunding pour payer les frais

Sans lieu pour exposer ou d'argent pour louer une belle salle, difficile de montrer son art à de potentiels acheteurs. L'idée de Benoît est donc double: proposer une salle d'exposition originale dans la chapelle des Telliers et pour amortir le coût de l'exposition, permettre de lever des fonds via sa plateforme de financement participatif. "En Belgique, le crowdfunding pour l'art n'est pas très courant. Souvent, les artistes belges doivent donc passer par des plateformes françaises. De plus, ici, c'est différent puisque l'on combine la plateforme et les services qui vont autour".


Comment ça marche?

Concrètement, l'artiste intéressé doit déposer son projet auprès de la Thanks Galerie. "On reçoit le projet et on regarde si c'est faisable, éclaire le galeriste. On vérifie le devis en collaboration avec l'artiste, on développe ensemble le projet". L'artiste peut choisir d'exposer au sein de l'espace prévu, ou à l'extérieur: "il peut s'agit d'une installation urbaine", cite Benoît Dumortier comme exemple. "Il doit évaluer son budget, poursuit le galeriste. A-t-il besoin de travailler avec un encadreur? A-t-il besoin d'éclairage spécifique? Veut-il faire un book avec ses œuvres?". Des collaborations que propose le galeriste. "Je travaille avec des encadreurs et avec un éditeur d'art bien connu dans le milieu du contemporain".

Tout le monde est le bienvenu: Benoît Dumortier admet juger au cas par cas. "Il n'y a pas de sélection au niveau du style, à partir du moment où les fonds sont réunis". L'argent, justement. Comment ça marche? L'idée est donc de faire appel à de généreux donateurs qui soutiennent l'artiste qu'ils aiment. "Il y a deux formules, explique le galeriste. L'artiste peut choisir le 'Tout ou rien avec date limite'. Il doit réunir une somme d'argent déterminée pour une certaine date. Si la somme n'a pas été atteinte, alors tous les contributeurs donateurs sont remboursés. L'autre option est le projet modulable. Dans ce cas, si la somme n'est pas atteinte à la date limite, on adapte le projet pour le faire malgré tout, avec les moyens obtenus".

Par ailleurs, si le projet aboutit, chaque donateur est récompensé par un petit cadeau en fonction du montant de sa contribution. "L'artiste peut prévoir de donner une reproduction d'une oeuvre. Il peut aussi proposer une rencontre avec l'artiste, un cours de dessin avec son style. Un photographe peut très bien proposer de tirer le portrait des donateurs, par exemple".


Benoît prend 8% sur l'argent récolté sur la plateforme, 40% sur la vente en salle

Benoît met donc ses relations, son talent et son espace à disposition des artistes. En contrepartie, il prend un pourcentage sur l'argent récolté sur la plateforme et sur les ventes éventuelles. "Nous prenons 8% de la somme récoltée. C'est moins que ce qu'on a l'habitude de voir, comme Kiss Kiss Bank Bank, qui prend 10% par exemple. Lorsqu'une œuvre est vendue, nous empochons 40% de la somme. En général, les galeristes prennent 50%".

Les artistes peuvent aussi louer l'endroit, mais cette possibilité n'est pas jugée prioritaire. "Ça dépendra du projet, indique le galeriste. L'idéal est que ça tourne comme une galerie avec des expositions. Si c'est dans la thématique, la location peut être possible".

Notons que la galerie compte également un bar avec salon pour une dégustation de vins.

L'inauguration s'est bien passée, la plateforme commence "doucement"

En tout cas, la galerie a ouvert le 10 avril dernier et l'inauguration a été un succès. "Il y a eu plus de gens que prévu pour l'ouverture, ça s'est bien passé", se réjouit Benoît Dumortier. Quant à la plateforme, elle commence "doucement". "L'un des projets est déjà à un quart de la somme prévue. On a de chouettes retours, il y a un engouement".

Pour le premier mois, Benoît propose une exposition collective de quatre jeunes artistes montois. "On va être axé art contemporain, mais ça peut être de la photo, de la peinture, de la sculpture. L'endroit est tout à fait modulable".

Le projet de Benoît fait partie de Mons 2015, mais "est géré en totale indépendance".

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