Le Journal of Japanese Gardening, un bimestriel américain, a publié son classement des 50 plus beaux jardins japonais dans son édition de janvier et a estimé que celui du Musée des Beaux-Arts d'Adachi, qui se trouve dans la ville de Yonago, dans la préfecture de Tottori, au Sud de l'archipel, était le plus accompli du pays.
Les juges ont évalué plus de 850 jardins aménagés avant d'établir leur classement et ont mis en avant l'attention portée à la propreté et à l'entretien constant de celui du Adachi Museum, ainsi que l'attitude générale de ses employés.
Le jardin Katsura Rikyu de la Villa impériale, dans l'ancienne capitale de Kyoto, a une nouvelle fois terminé à la deuxième place de ce top 50, suivi par le Ritsurin Park, dans la préfecture de Kagawa. Connu pour son pont arqué et l'excellence de l'élagage de ses pins, le Ritsurin Park a ravi la troisième place au Yokokan, dans la préfecture de Fukui.
Créé en 1980 par le regretté Adachi Zenko, le jardin du Musée des Beaux-Arts d'Adachi a été méticuleusement construit pour guider les visiteurs à travers les diverses manifestations de la beauté naturelle qui s'y expriment au fil des saisons, complétant à la perfection les peintures exposées à l'intérieur du musée.
En entrant dans le Musée d'Adachi, le visiteur est accueilli par le premier d'un ensemble de six jardins traditionnels reliés les uns aux autres, qui s'étendent sur plus de 165.000 mètres carrés.
Judicieusement appelé le Jardin de réception, ce premier espace est conçu pour apaiser les nouveaux arrivants et les émerveiller de ses fleurs, ses oiseaux, sa brise et son gravier ratissé.
Avant d'atteindre le Jardin des mousses -- rempli de pins et de rochers disposés avec soin, sur lesquels les mousses prospèrent -- on chemine jusqu'à la Maison de thé Juryu-An, une réplique de la Shokin-Tei de la Villa impériale de Katsura. Les visiteurs y sont invités à boire un thé vert, tout en admirant un jardin qui a fait l'objet de l'attention la plus minutieuse.
Comme dans les autres jardins, pas une feuille, pas un rocher, pas une aiguille de pin ne s'y trouve pas à sa place. Les seuls bruits que l'on peut entendre sont ceux du vent et des chutes d'eau conçues pour se déverser délicatement dans des bassins inférieurs. Le Jardin désertique tire sa beauté de son harmonie avec la nature, la construction rocheuse centrale évoquant une montagne d'où coulerait une grande rivière que représentent les graviers clairs. Les eaux du Jardin de la mare sont en revanche pleines de carpes koï qui bondissent sous des ponts de pierre et près des rochers qui bordent leurs rives.
Etonnamment, l'architecte du bâtiment de bois artistement placé au bord du chemin y a prévu une alcôve "tokonoma", comme on en trouve souvent dans les maisons traditionnelles, mais celle-ci, au lieu que pende de son mur une estampe, est une fenêtre ouverte sur le jardin qui se trouve au-delà, offrant ainsi à la vue sa vie animale et végétale, qui évolue en fonction du cycle des saisons.
Dernière étape de parcours extérieur, le Jardin au gravier blanc et au pin est la reproduction d'une image peinte par Yokoyama Taikan et offre une transition idéale vers les oeuvres exposées à l'intérieur du musée.
JR


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