Le Cap propose toute une gamme d'hébergements à ses touristes homosexuels --plus ou moins exclusivement gay, plus ou moins naturistes, favorisant plus ou moins les rencontres--, mais aussi des guides spécialisés, des fêtes, des boîtes de nuit, des bars, des restaurants... Jusque assez loin dans l'arrière pays.

Dans le tiroir des tables de nuit, des préservatifs remplacent le Nouveau Testament, que l'on trouve habituellement dans les hôtels sud-africains.

"Je me sens bien ici. C'est un très beau pays. Je suis fleuriste, et les plantes me plaisent ici. Et aussi les garçons!", raconte Stefan Gutwenger, Italien germanophone au drapeau sud-africain tatoué sur l'épaule, qui bouquine, nu au bord d'une piscine. Il en est à son cinquième voyage.

Son succès a fait du Cap une destination plus chère.

"Il y a dix ans, le Cap était à peu près inconnu comme destination gay, et très bon marché. Mais tout cela a changé, Le Cap a perdu son avantage compétitif. Les vols ne sont pas donnés et les hébergements sont devenus de plus en plus chers", constate Chris Hattingh.

"Le Cap n'est sans doute plus aussi compétitif, car d'autres villes ont découvert la valeur du +pink dollar+", complète Riaan Kirsten, responsable du marketing d'une agence de voyages spécialisée. "Mais Le Cap reste une destination gay très recherchée, et il y a tous les ans davantage de touristes!"

Reste que si les touristes apprécient l'atmosphère détendue du Cap, où les couples de même sexe peuvent se tenir par la main ou s'embrasser dans la rue, la plupart ignorent qu'à quelques kilomètres de là, de nombreux habitants des townships ou des quartiers afrikaners conservateurs ne sont pas aussi tolérants.

Ainsi, les lesbiennes des townships sont régulièrement victimes de viols, de la part d'hommes qui veulent leur apprendre à rentrer dans la norme.