De son vrai nom, Woulter "Wally" De Backer, ce musicien est né il y à 31 ans en Belgique, avant d'émigrer à l'âge de 2 ans en Australie avec sa famille.
Gotye -- qui a choisi d'adapter la version française de son prénom (Gauthier) pour son nom de scène -- a déjà publié trois albums en Australie : "Boardface" (2003), "Like Drawing Blood" (2006) et "Making Mirrors" (2011).
C'est une chanson extraite de ce troisième album qui l'a fait passer du statut d'artiste reconnu à celui de star dans son pays.
"Someone that I used to know", amère histoire d'amour sur une mélodie entêtante, est devenue un phénomène en Australie, permettant à Gotye de rafler six récompenses aux ARIA Awards, l'équivalent local des Victoires de la Musique.
Des stars comme Ashton Kutcher et Lilly Allen, ont repéré le titre et en ont aussitôt fait la promotion auprès de leurs nombreux abonnés sur Twitter.
Aujourd'hui, le clip très graphique de "Somebody that I used to know" cumule plus de 65 millions de vues sur Youtube. A titre de comparaison, le "Video Games" de Lana del Rey n'a été vu "que" 30 millions de fois.
Depuis quelques mois, Gotye s'est donc lancé dans une intense et méticuleuse campagne de séduction aux Etats-Unis et en Europe.
Déjà triple disque de platine en Australie et disque de platine en Belgique, "Making Mirrors" a progressivement été publié aux Pays-Bas, en Allemagne, puis au Canada, aux Etats-Unis fin janvier et en Grande-Bretagne la semaine dernière.
Samples
Des lancements accompagnés à chaque fois de la venue de l'artiste dans le pays pour des concerts et des apparitions dans les médias.
En France, la sortie de l'album lundi, sera suivie le 1er mars par un concert au Bataclan.
La formule "magique" de Gotye tient dans l'art de créer des chansons qui ont tout de classiques pop, en utilisant d'étonnantes expérimentations sonores.
Le musicien, passionné des techniques d'enregistrement, a la particularité de travailler essentiellement à partir de samples.
Pour "Making Mirrors", il a ainsi fait des razzias de vinyles dans des boutiques d'occasion pour dénicher des perles rares comme "des disques Exotica des années 50 et 60, d'incroyables orchestrateurs et producteurs qui ont expérimenté avec beaucoup d'audace les couleurs musicales et le spectre stéréo", explique-t-il.
Il a également créé des instruments virtuels en samplant note par note une multitude d'instruments réels dont une harpe chromatique, une mbira (piano à pouces) et même la clôture musicale de Winton, un instrument composé de cordes métalliques reliées à des piquets de bois et à une caisse de résonance découvert par hasard dans le bush australien.
"Le fait de préparer et de programmer minutieusement des samples me donne l'opportunité de créer des parties que je n'arriverais peut-être pas à créer autrement", dit Gotye, qui joue quand même de la batterie en live sur l'album.
L'ensemble rappelle les sonorités pop des années 80, comme les explorations dans la world music et l'électro de Peter Gabriel ou les envolées de Sting. Le timbre voilé de Gotye rappelle, en effet, irrésistiblement celui de l'ancien leader de Police.











