"C'était super, mais on n'a pas eu le temps de se poser à trois pour se remettre à écrire. Donc quand on a commencé en janvier 2011, il y avait un mélange de frustration et d'excitation", explique-t-il.
Le groupe a emporté avec lui un petit studio portatif lors de ses tournées à l'étranger, prolongeant de quelques jours ses séjours en Allemagne ou au Japon pour composer des bouts de chansons.
Car le succès de "Hey You" a emmené aux quatre coins du monde Antonin et les deux frères Gaëtan et Amaël Lê Ky-Huong, qui se sont rencontrés en 2005 sur les bancs de l'école des Beaux-Arts de Nantes.
La ritournelle électro-pop, qui rappelle l'univers aérien de Phoenix, a été une "chance", reconnaît Antonin.
"C'est ce que les gens de la profession appellent le bon timing. C'était avant l'été, cette chanson a résonné chez les gens d'une manière particulière. Si elle était sortie avant ou après, peut-être qu'elle n'aurait jamais marché", estime-t-il. "Mais on n'a jamais pensé à "Hey You" comme à une recette" à reproduire au moment d'écrire la suite, assure-t-il.
Pour leur deuxième album, publié lundi et sobrement intitulé "Pony Pony Run Run" (3e Bureau/Wagram), le groupe a choisi de travailler en comité restreint, avec l'ingénieur du son de leur tournée à la console et Gaëtan dans le rôle du producteur.
"On s'est senti suffisamment confiants et le faire nous-même faisait partie de ce sentiment d'excitation", estime Antonin. "On voulait faire quelque chose de plus varié et avec plus de finesse dans les couleurs, les tempos. C'est un peu moins rentre-dedans, il y a une mélancolie sous-jacente qui se retrouve dans les textes", détaille-t-il.
Au départ, le groupe était parti sur une tonalité rock. Mais de fil en aiguille, l'album s'est "révélé" être davantage tourné vers l'électro.
"Nous ce qu'on aime, c'est la pop. Tu as une chanson et tu brodes dessus avec l'instrumentation. Parfois, on ne trouvait pas de solutions, alors on enlevait des guitares et on mettait des synthés à la place", raconte-t-il.
"Pony Pony Run Run" a aussi une couleur nettement américaine. Le groupe en a confié le mixage au producteur américain Andrew Dawson, collaborateur de Kanye West, Jay-Z ou Lil Wayne.
"On ne voulait pas ça sonne hip hop ou R'n B mais il y avait une espèce d'impulsion, de densité du son qui nous plaisait et on se disait que ça ferait un beau mélange", explique Antonin. "Il a utilisé des trucs très américains auxquels on n'était pas habitué, auxquels on s'est confronté et qui nous ont plu après", confie-t-il.
On discerne ainsi quelques touches d'Autotune, un logiciel de modification de la voix très utilisé dans le rap et le R'n B, mais inhabituel dans le contexte d'une électro-pop à la française.
Si le groupe, qui tourne à l'étranger depuis ses tout débuts, se défend d'avoir choisi un mixeur américain pour séduire un public plus international, il avoue en caresser l'idée.
"C'était l'ambition à la base, pouvoir aller dans un maximum de pays et partager la musique. Mais ces envies, ces ambitions ne sont pas calquées sur la musique", jure Antonin.


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