Juan Carlos occupe une place à part parmi les souverains européens. Tout d’abord, il est, après la reine d’Angleterre, le souverain du plus grand royaume du vieux continent.
Ensuite, il occupe, en sa qualité de souverain espagnol, une place particulière entre l’Europe et l’Amérique. Un peu comme s’il représentait un symbole pour l’ensemble du monde hispanique. Enfin et surtout, il incarne la transition réussie d’une dictature ayant évolué, sans révolution ni bain de sang, vers la démocratie.
Personne n’a oublié que le roi a rejeté les tentations absolutistes pour défendre la démocratie quand elle était en danger. Mieux que quiconque, il représente le visage de cette nouvelle Espagne née dans les années 80 et qui a appris les vertus de l’alternance démocratique.
Plus arbitre qu’acteur, le souverain a toujours eu à cœur de ne pas outrepasser ses prérogatives constitutionnelles… et surtout de ne pas sortir des lignes. Cette position privilégiée, au-dessus de la mêlée, l’a longtemps préservé des attaques personnelles. Mais aujourd’hui, dans un contexte aigu de crise économique, la situation évolue.
Patrick Weber
Chroniqueur royal RTL
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