Pourquoi a-t-on le hoquet ?

Le 20 février 2012 à 11h57

Tout le monde l'a déjà eu. Tout le monde a sa propre astuce pour l'arrêter. Mais quelqu'un sait-il réellement à quoi il sert? Pas vraiment. Les physiologistes n'ont pas encore réussi à élucider le mystère du fameux «hic!», même si de nombreuses hypothèses existent.

« Le hoquet est en réalité un phénomène dont seule la complexité égale la banalité! ».  Par cette affirmation, Christian Straus et Thomas Similowski illustre parfaitement toute la difficulté que représente la compréhension du hoquet.  Ces deux spécialistes, qui travaillent au service de pneumologie et réanimation du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris, figurent parmi les rares personnes qui s'y attèlent.


Qu'est-ce que le hoquet ?

D'un point de vue physiologique, il s'agit d'une contraction brutale et involontaire des muscles inspiratoires (certains muscles du cou, diaphragme, muscles intercostaux), qui se réalise en même temps qu'un blocage des muscles expiratoires et que la fermeture de la glotte. Cette dernière empêche l'air d'entrer dans le thorax et engendre le« hic » caractéristique.

Le hoquet est donc déjà un paradoxe à lui tout seul: d'un côté les muscles de la cage thoracique se préparent à recevoir de l'air, et de l'autre la fermeture brutale de la glotte bloque l'entrée.

Jusqu'à présent, ce phénomène a été observé chez le chat, le rat, le lapin et bien sûr chez l'homme, où il se manifeste dès la vingtième semaine de gestation. Il semblerait donc que seuls des mammifères soient sujets au hoquet.

Le hoquet survient généralement à la suite d'un repas trop imposant ou avalé trop rapidemment, lorsque l'on est particulièrement nerveux, ou encore lorsqu'un aliment a emprunté la mauvaise voie. 

Mais si on a pu observer les conditions dans lesquelles il se déclenche, on ne connait toujours pas son rôle.

 

Un réflexe pour empêcher l'inondation des poumons

Une hypothèse revient souvent : le hoquet du fœtus aurait comme fonction d'éviter que ses poumons  ne soient inondés par le liquide amniotique.

Pourtant, « les poumons du fœtus étant étanches, cette nécessité n'apparaît pas impérieuse », affirment Straus et Similowski.


Un réflexe protecteur contre l'inhalation d'aliments

Une autre explication du hoquet fréquemment avancée est celle du réflexe pour empêcher l'inhalation d'aliments via la fermeture des voies respiratoires. Une stimulation digestive, perçue comme une menace, déclencherait ce processus.

L'argument  proposé par les défenseurs de cette théorie est la proximité évidente entre la voie respiratoire et la voie digestive: le larynx et l'œsophage s'ouvrent dans un conduit commun, le pharynx.

Mais Straus et Similowski contre-argumentent en expliquant que « le hoquet est généralement provoqué par une stimulation œsophagienne, c'est-à-dire qu'il est émis alors qu'il n'est plus nécessaire de protéger les voies respiratoires puisque l'aliment est ingurgité! ".


Héritage de nos ancêtres lointains

Les têtards, durant leurs processus de développement, passent d'une ventilation aquatique, par les branchies, à une ventilation aérienne, par les poumons. Il est donc vital que les poumons du têtard ne soient pas inondés, lorsqu'il se trouve sous l'eau. C'est pourquoi, il ferme sa glotte.

Cette similitude entre la ventilation branchiale et le hoquet permet, selon Straus et Similowski, de répondre à la question de l'origine du hoquet : « Il serait l'expression de l'activité d'un réseau de neurones qui coordonne la contraction des différents muscles, hérité d'un ancêtre commun aux mammifères et aux amphibiens».

Hypothèse qui peut s'avérer amusante, si l'on essaie de s'imaginer à quoi ressemblerait cet ancêtre mi-homme mi-grenouille.

Source: Le Hoquet un héritage énigmatique , par Christian Straus et Thomas Similowski



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