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Le vignoble australien bientôt aux mains des Chinois

Dominique Desfawes , le

Les collines, riches en charbon, de la vallée Hunter en Australie ont longtemps approvisionné les aciéries chinoises. Désormais, ce sont ses vignobles qui suscitent les appétits de la Chine.

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A 150 kilomètres au nord de Sydney, sur la côte est, la vallée Hunter est une région viticole, réputée pour son Shiraz et son Sémillon.
 
Au coeur de ses paysages pittoresques, les délégations de chefs d'entreprise minières sont désormais remplacées par des Chinois amateurs de grands crus, que les viticulteurs australiens accueillent à bras ouverts.
 
"Actuellement, sur mon carnet de commande, je n'ai que des clients de nationalité chinoise", indique Cain Beckett, un agent immobilier de la région.
 
Dans les derniers mois de 2011, il a vendu à des investisseurs chinois pas moins de huit vignobles. Sur le marché depuis le début de la crise financière, certaines propriétés ont même été attribuées au-dessus de leur prix de vente, car plusieurs acheteurs étaient sur les rangs.
 
La production de ces vignobles est destinée à des hôtels, des restaurants et des cavistes un peu partout à travers la Chine.
 
Au cours des dernières années, les ventes de vin australien en Chine ont explosé, bondissant de 100 millions de dollars australiens (81 millions euros) en 2008 à 250 millions en 2011.
 
L'Empire du milieu est le quatrième marché à l'export de l'industrie viticole australienne. En volume et en valeur, c'est la France qui vend le plus de vin aux Chinois, mais l'Australie arrive en deuxième position.
 
Selon Lucy Anderson, directrice du secteur Asie du groupe Wine Australia, soutenu par des fonds publics, la consommation de vin en Chine est en constante augmentation, et particulièrement celle des vins haut de gamme, car les palais chinois deviennent de plus en plus connaisseurs.
 
"Je pense que le marché du vin en Chine est incroyablement complexe, je ne dirais pas que c'est un marché émergent, mais à développement rapide", déclare-t-elle.
 
Pour Tyrell's, un important producteur de la vallée Hunter, la Chine représentait environ 2% de son chiffre d'affaires il y a cinq ans, contre 35% aujourd'hui. Ce chiffre, appelé encore à croître, se fait notamment par de la vente en gros sous labels chinois.
 
L'un des clients chinois de Tyrell's vient juste de racheter un vignoble dans la vallée Hunter. Grant Bellve, directeur international du producteur australien, estime que les Chinois sont une bénédiction pour la région.
 
"S'ils n'étaient pas là pour les acheter, est-ce que les banques les feraient tourner?" questionne-t-il.
 
Grant Bellve considère néanmoins qu'il est trop tôt pour dire si cet engouement chinois s'installera dans la durée et si cera une bonne chose pour le secteur viticole à long terme.
 
"Ce qui est primordial, c'est de leur faire comprendre que le vin n'est pas une matière première, c'est une agriculture. Ils pensent que c'est juste une ligne de production", déclare-t-il.
 
Neil McGuigan, producteur de grands vins, souligne qu'à ce jour, des Chinois ont acheté des petites exploitations dans la vallée Hunter pour en faire un passe-temps ou pour asseoir leur statut social.
 
A l'instar d'autres confrères, il redoute que ces achats de vignobles s'inscrivent dans une stratégie à longue échéance et s'inquiète "de l'exportation de notre savoir-faire vieux de deux siècles sans contrepartie".
 
"Sans doute les Chinois voient-ils bien au-delà des dix prochaines années. Il s'agit de posséder de la terre en Australie, des ressources en eau", songe Neil McGuigan.
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