Tout d'abord, comment est né I Comme ? Quel était le concept originel ?
I Comme est né le 2 septembre 1984. Le patron de la rédaction de l'époque n'était autre que Robert Diligent, il voyait défiler tous les jours des images venant des quatre coins de la planète, les images intéressantes pour le journal étaient reprises tandis que les autres tombaient dans les oubliettes. Il s'est alors dit que certaines de ces images oubliées étaient drôles ou insolites et qu'il allait les proposer chaque samedi aux téléspectateurs. C'est ainsi qu'I Comme est né et Robert Diligent est devenu le premier producteur et présentateur de l'émission.
D'où vient ce nom ? I Comme quoi ?
Le titre est venu naturellement. C'était des sujets de partout sur tout, tellement variés qu'il ne voulait pas enfermer l'émission. Il décida de l'appeler I Comme et à chaque sujet il lui trouvait un mot de la langue française commençant par I pour le qualifier (Incroyable, Inouï, Illogique...).
J'ai vite abandonné cette idée car cela me prenait trop de temps de chaque fois chercher un mot adéquat au sujet sans utiliser toujours incroyable, inimaginable ou insolite.
En 1993, on vous propose de reprendre les rênes d'I Comme, quelle fut votre réaction à cette annonce ?
Très content ! Depuis 1984 j'étais au JT et naturellement on me poussait, lors des conférences de rédaction, à travailler sur des sujets plus « anormaux » en marge de l'actualité chaude. Quand on m'a proposé de prendre I Comme, j'ai dit oui sans hésiter une seconde.
Comment se sont passés les débuts ? Pas trop de difficultés ou de stress ?
Au début, c'était très difficile. Faire des reportages faisait parti de mon quotidien depuis neuf ans, je n'avais donc pas de problème pour ça. Par contre, la production d'émission, je ne connaissais pas. Quant à la présentation, je n'avais fait que de vagues apparitions dans le JT.
Les sujets de l'époque étaient plus longs et sérieux qu'aujourd'hui, ce qui était assez proche du journal et qui m'a permit de démarrer plus facilement. Ensuite, j'ai vite changé de direction et ait été vers des choses plus divertissantes, plus agréables à regarder et plus proche des gens. I Comme se veut positif et veut montrer qu'il n'y a pas que des catastrophes et des morts dans la vie.
Qu'est-ce qui a changé à I Comme en 25 ans?
Il y a 25 ans, c'était vraiment l'émission bâtie sur les indésirables du journal télévisé de l'époque, ensuite ça a évolué vers une émission plus branchée sur les documentaires.
Au départ toute la matière venait des agences alors que maintenant, c'est une infime partie de nos sujets. On travaille avec beaucoup d'autres fournisseurs et producteurs
d'images. Nous sommes restés dans l'insolite et l'incroyable mais la source a radicalement changée.
Qu'est-ce qu'I Comme représente pour RTL ?
Je pense que c'est un des rendez-vous d'émissions de société de la semaine, dans la continuité d'Images à l'appui, de Docs de choc... Nous sommes toutes des émissions de société avec des images du monde. Notre point commun c'est la proximité, nous sommes des émissions de 20 minutes qui prennent les gens par la main et les aident à comprendre le monde dans la vie de tous les jours.
Comment recherchez-vous les reportages ?
Il y a plusieurs possibilités, une fois par an on se rend au marché international des programmes de Cannes (le MIP ou le MIPCOM). Nous recevons également des propositions de journalistes ou d'autres personnes qui nous contactent. La vie de tous les jours suscite aussi la création de reportages, grâce à ce qu'on voit et entend dans les médias. Nous essayons de diffuser, chaque fois, des sujets pas encore vus en Belgique.
Comment voyez-vous l'avenir d'I Comme ?
Je pense qu'à I Comme, nous sommes en permanence dans l'avenir, on a toujours envie de changement. Si l'émission a 25 ans aujourd'hui c'est parce qu'on est sans cesse en trin d'évoluer, nous recherchons continuellement de nouvelles idées, de nouveaux types de reportages, de nouveaux fournisseurs... Nous changeons également souvent de look pour rester dans les tendances et ne pas se démoder. A I Comme, tout change sauf le présentateur... Je pense que c'est ça l'avenir, c'est de jouer et d'évoluer avec les technologies. Nous sommes ouverts à toutes propositions et ne disons jamais non, nous avons toujours envie de voir quelque chose de nouveau.
Nous ne sommes donc pas restés sur l'idée de départ d'I Comme, même si elle était très bonne, mais nous avons du changer et avancer. Nous sommes très contents et fiers que l'émission ait 25 ans mais nous ne regardons pas derrière nous, ces années étaient belles, à ce moment là, elles ont fait et feront I Comme. Exactement la même émission aujourd'hui ne marcherait pas.
Qu'est-ce qui vous plaît à I Comme ?
Tout d'abord les gens, j'ai toujours aimé rencontrer les gens, que ça soit dans l'actualité quand j'étais au journal ou maintenant dans leur passion avec I Comme, passion qu'on partage avec eux, ce qui est fabuleux.
Pour vous, quel mot, commençant par I, le qualifie le mieux ?
Je dirais Inattendu, c'est rencontrer quelqu'un dans un domaine, dans une passion, une émotion à laquelle on ne s'attend pas et qui n'est souvent pas connu des autres. J'ai envie de surprendre les gens avec quelque chose d'inattendu.
Vous êtes un grand voyageur, vous est-il déjà arrivé de rencontrer quelqu'un qui aurait pu être ou qui a été le sujet d'un reportage I Comme ?
Oui, souvent. Quand j'explique mon métier à des gens que je rencontre, il n'est pas rare que ceux-ci connaissent des personnes qui auraient leur place dans I Comme et ils me les présentent. Et puis, je pense qu'on a tous un petit quelque chose d'I Comme en nous, même si l'on ne s'en rend pas compte.