Avec 15 000 personnes ravies, au stade roi Baudouin, à Bruxelles. A 5 jours du match contre la Serbie, qui aura lieu au même endroit. C’est fascinant, cette passion pour les Diables. Comme si la qualification pour la phase finale de la coupe du monde au brésil, dans un an pile, est déjà dans la poche. Hier, on a entendu des supporters qui se disaient même convaincus que la Belgique va gagner le Mondial.
 
Soit, ce n’est pas tant ça la question aujourd’hui. Non, l’important, c’est cet engouement, démesuré. On l’a encore vu hier : l’équipe nationale belge rend beaucoup de gens fiers, contents, confiants. Elle donne de l’énergie positive. Elle unit, elle réunit. Elle fait se mêler les générations, les langues, les origines, « les élites » et « la masse ».  
 
Bruxelles est peut-être sale, Anvers peut-être l’avant-garde de la fin du pays, la Belgique peut-être un punching-ball pour les observateurs étrangers, la crise économique et celle des valeurs balayent peut-être l’image traditionnelle de brave type du Belge moyen, pour faire apparaître de plus en plus nettement celle de raciste, égoïste, irascible, jaloux, les Diables emplissent toujours plus les cœurs de bonheur, simple et pur.
 
Qu’ils partent au Brésil, allez, qu’ils la gagnent même, cette coupe du Monde, et ça ne règlera pas le chômage, Arcelor-Mittal, la loi de financement, la relance de la croissance, les vents mauvais et tout ça. Mais ça ne peut qu’aider. Parce que, jusque dans les vies les plus noires, un moment de soleil, ça n’a pas de prix.
 
D’autant qu’il est créé, ce moment, ce soleil, par des jeunes gars dont le chef s’était essayé à la politique.
 
Brièvement. Ce qu’il est en passe de réussir via les terrains de foot prend des allures de ce que tout élu est censé viser: éviter que le plus grand nombre ne verse dans le nanisme. Social et moral. En attendant, Marc Wilmots est aujourd’hui à la tête du premier parti de Belgique. Pas mal pour un type qui était absolument inutile au Parlement de la Nation.
 
Thierry Fiorilli (Vif/L’Express)