Rassuré en début de Tour de France sur l'état de son genou droit, Thomas Voeckler a vu la douleur ressurgir mardi lors de la 3e étape, suscitant une vive inquiétude chez le coureur et chez son équipe Europcar.
Le héros français du dernier Tour, quatrième sur les Champs-Elysées, a rallié l'arrivée de la 3e étape à Boulogne-sur-mer en 148e position, dans un groupe à 7 min 27 sec du vainqueur Peter Sagan. Au classement général, il dégringole de la 58e à la 110e place.
"Que j'arrive à 2 ou 7 minutes, ça ne change rien. J'étais mal placé dans le peloton. Je savais qu'à cet endroit-là, il y avait des risques de cassures mais je ne pouvais pas faire mieux", a admis Voeckler.
Contraint à l'arrêt total pendant douze jours avant de départ de la Grande Boucle pour une inflammation appelée "syndrome de l'essuie-glace", il souffre de plus en plus.
"C'est une douleur différente. Ce n'est pas la même douleur qu'il y a quinze jours. C'est moins inflammatoire, ça lance des grands coups mais c'est extrêmement douloureux", explique l'ex-maillot jaune du Tour 2011 (dix jours).
"Hier (lundi), j'ai eu une douleur en fin de course et aujourd'hui (mardi), c'était un peu plus encore. Assis, ça va à peu près même si je ne peux pas appuyer pareil sur les deux jambes, donc je suis un peu déséquilibré", détaille le coureur de 33 ans, contraint d'abandonner son style de prédilection, en danseuse debout sur les pédales.
En deux jours, la satisfaction et l'optimisme affichés dimanche, à l'arrivée de la première étape, a donc laissé place au doute. "C'est une journée noire", lâchait le manager de l'équipe Europcar, Jean-René Bernaudeau.
"Je vais prendre au jour le jour. Je ne suis pas pessimiste, pessimiste mais... Je vais voir les kiné-ostéopathes de l'équipe matin et soir pour voir ce qu'on peut faire", affirme le double champion de France (2004, 2010), visiblement partagé entre l'envie et la prudence.
"Il faut se rappeler de Christophe Kern (son équipier) qui avait voulu insister de nombreuses journées l'an dernier et qui a laissé six mois de sa saison. Il n'a pu refaire du vélo normalement qu'en 2012 alors que ça lui est arrivé en juin 2011", souligne-t-il.
"C'est le Tour, on ne veut pas arrêter mais il faut savoir parfois être raisonnable, ajoute-t-il. Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. Ce n'est pas dans mon tempérament de baisser les bras mais il ne faut pas être tête brûlée non plus".
Ces incertitudes consolident un peu plus le jeune Pierre Rolland (25 ans), 10e et meilleur jeune du Tour l'an dernier, dans la position de leader de l'équipe Europcar. Après sa 22e place à une seconde de Sagan, il pointe à 45 secondes de Cancellara (36e).










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