Il aurait pu être skier professionnel ou pizzaïolo comme son père Srdjan, mais en suivant le tournoi de Wimbledon à la télévision, le petit "Nole", son surnom, est tombé amoureux d'un sport alors confidentiel dans son pays. Voir son ambition se réaliser des années plus tard sur le Central de ses rêves, qu'il a embrassé avec tendresse, était beau à voir: "Un instant magique. Tout ce que j'ai traversé depuis mon enfance m'est passé par la tête".
 

De grandes ambitions à... 7 ans!

Lundi, Djokovic s'installera là où il a toujours voulu être: "Le tennis est mon métier et mon objectif est d'être N.1 mondial". C'est ce que disait le petit "Nole" lors de sa première apparition à la télévision serbe, à... sept ans. Sa famille, qui ne roule pas sur l'or, mise alors tout sur le petit prodige aux appuis élastiques, au moment où les bombes de l'OTAN pleuvent sur Belgrade. Pris en main par une femme, sa "deuxième mère", Jelena Gencic, ancien coach de Monica Seles et Goran Ivanisevic, il s'entraîne comme un fou sur des terrains de fortune, parfois interrompu par les sirènes signalant l'arrivée des avions.
 

"le Kosovo appartient à la Serbie"

S'il refuse aujourd'hui de revenir sur cette période, elle aide à expliquer son patriotisme exacerbé, affiché au grand jour en 2008 lorsque, après son premier titre du Grand Chelem en Australie, il clame dans une vidéo diffusée devant 150.000 personnes à Belgrade que "le Kosovo appartient à la Serbie". Même s'il réside à Monaco avec sa copine Jelena Ristic, il garde des liens forts avec son pays. Il est le roi de la ville à Belgrade où il possède plusieurs restaurants et même un tournoi de tennis. Et lorsqu'il est décoré de la Médaille de Saint Sava, la plus haute distinction de l'église serbe orthodoxe, en avril, il assure que c'est "la plus belle récompense" qu'il pourra jamais avoir.
 

Les facéties du "Djoker"

 
Mais pour devenir champion de tennis, le jeune Djokovic s'exile à l'âge de douze ans à Munich, en Allemagne, dans l'Académie de tennis de Nikki Pilic, à qui il lance un matin, alors qu'il est en avance à l'entraînement: "Allons-y, je n'ai pas de temps à perdre si je veux faire carrière".
 
Comme partout où il passe, il frappe tout le monde par son ambition qui commence à prendre corps lorsqu'il devient en 2006 le plus jeune joueur du Top 100 et qu'il remporte ses premiers titres. Ambitieux mais toujours souriant et très expansif, il se fait également rapidement remarquer par ses talents d'amuseur public. Ses imitations de Roddick, Nadal ou Sharapova font rire sur internet, mais pas ses collègues qui apprécient moyennement les facéties du "Djoker".
 

Le clown devient roi


Au plus fort de la domination Federer-Nadal, rares sont alors ceux qui pensent que le clown peut devenir roi un jour. Mais une victoire va tout changer. Celle qu'il remporte avec ses potes Troicki et Tipsarevic en finale de la Coupe Davis face à la France en décembre dernier. Depuis, Djokovic, longtemps abonné aux abandons théâtraux, apparaît transformé sur le plan physique et dévaste tout sur son passage. "Ca venait d'une allergie au gluten que j'ignorais", explique le Serbe qui a remporté vendredi son 47e match de l'année, pour une seule défaite. Il n'a plus droit aux pâtes ni aux pizzas mais a gagné une place de N.1 mondial en échange. De quoi ne pas regretter les quelques sacrifices qu'il a consenti durant sa jeunesse... (AFP)