Les greffes de moelle

En une dizaine d'années et grâce au Télévie. La banque de donneurs de moelle est passée de 5.000 A 50.000. Cette banque est vitale parce qu'elle permet de sauver de plus en plus de malades de la leucémie. Une première question vient immédiatement à l'esprit: pourquoi faire une greffe de moelle, dans le cas d'une maladie sanguine? Dès que l'on se renseigne, la réponse tombe sous le sens: la moelle osseuse est le générateur des éléments qui constituent le sang et le système immunitaire. Sans elle, la survie est impossible.

La moelle, véritable usine

La moelle osseuse circule à l'intérieur de chacun de nos os, son poids dans le corps est de l'ordre de 2 à 5% de notre poids total. Elle est constituée de deux sortes de tissus: la moelle jaune, composée principalement de graisses, et la moelle rouge, qui a pour fonction de fabriquer les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes sanguines. Une fois que les cellules sont fabriquées et matures, elles sont libérées dans le flux sanguin. Absolument toutes les cellules sanguines proviennent de cellules "mères", appelées cellules souches. Ces cellules souches ont la particularité extraordinaire de se renouveler d'elles-mêmes de façon illimitée et de se différencier des autres. C'est cette fonction de renouvellement qui est intéressante dans le cas des greffes de moelle. Dès qu'une nouvelle moelle aura été injectée à un malade, elle recommencera son travail de reconstitution et lui rendra un sang "neuf et propre", pour autant que l'on puisse simplifier à l'extrême.

Moelle osseuse, pas épinière

La moelle osseuse n'a donc rien à voir avec la moelle épinière, qui est le tissu qui trouve dans la colonne vertébrale et qui relie le cerveau à chacun des organes. Une lésion de la moelle épinière entraîne la paralysie et de non-fonctionnement de certains organes. A l'heure actuelle on ne pratique pas encore de greffe de moelle épinière, mais on commence à parler de greffer des neurones pour permettre de retrouver certaines fonctions des nerfs atteints.

Les greffes et la leucémie

En cas de leucémie, le traitement par greffe de moelle consiste à prélever chez un donneur sain de la moelle osseuse, et de l'injecter au malade qui aura subi préalablement des traitements chimiothérapiques et des irradiations intenses. C'est-à-dire que l'on va littéralement détruire sa propre moelle osseuse. Ce moment est très délicat et ces opérations doivent se pratiquer de façon absolument stérile; parce qu'à ce moment, le malade est incapable de se défendre contre une infection, le moindre petit virus peut lui être fatal. L'injection de "nouvelle" moelle se fera après la récolte chez un donneur et immédiatement après l'irradiation chez le receveur.
Êtes-vous compatible?

Dans les cas  de leucémie myéloïde, la greffe de moelle est le seul moyen de guérir véritablement la maladie. Elle doit être envisagée rapidement, car au plus tôt elle est pratiquée, au plus les chances de réussites sont grandes. C'est parmi les frères et soeurs du receveur que l'on cherchera d'abord un donneur compatible (1 chance sur 4 de le trouver). S'il n'y a pas de compatibilité, c'est à la banque de donneurs que l'on s'adresse (1 sur 40.000, succeptible d'être compatible). Une simple prise de sang permet d'identifier le groupe HLA (analyse des globules blancs) d'un donneur. On comparera l'identité HLA du donneur avec celle du receveur. Si les identités correspondent, on fera alors ce que l'on appelle une culture "mixte", on mettra le sang du receveur et du donneur ensemble, pour analyser les éventuelles réactions de rejet (cette période dure de deux à trois semaine). L'allogreffe (donneur externe) est une opération à haut risque parce qu'elle peut poser des problèmes sur le plan immunologique. Non pas de la part du receveur, qui est incapable à ce moment là de réagir, mais c'est la moelle du donneur qui risque de provoquer une destruction des cellules du receveur, les reconnaissant comme des "corps étrangers". C'est le principal obstacle au succès des greffes de moelle.

Autogreffe et nouvelles avancées

Il arrive, malheureusement, que l'on ne trouve pas toujours de donneur compatible. Dans le cas, une autogreffe est envisageable. Cela consiste à greffer au malade ses propres cellules souches, prélevées à un mmoment où il est en rémission de son cancer. Depuis quelques années, les greffes de cellules souches se sont fortement diversifiées. Ainsi, les cellules souches peuvent elles aussi être extraites de deux autres sources: le sang périphérique (par opposition à la moelle osseuse) et le sang de cordon ombilical. Les greffes de cellules souches de sang périphérique autologues sont en voie de remplacer les greffes de moelle. Leur avantages sont nombreux. Le patient récupère beaucoup plus vite (en partie parce que les cellules souches trouvées dans le sang périphérique sont plus matures), la durée d'hospitalisation en chambre stérile est réduite de moitié et les risques de complications infectieuses sont diminués. Dans le cas d'une allogreffe, c'est plus compliqué, parce que le patient peut toujours développer une maladie du greffon vis-à-vis de l'hôte. Le sang de cordon ombilical contient lui aussi des cellules souches mais en moindre quantité. Dans cette optique, il est plus souvent envisagé pour des personnes de moins de quarante kilos, soit les enfants. Après la greffe, le retour à un état immunitaire normal est très lent et ce n'est qu'au bout de plusieurs mois, que l'on observe la reconstruction des défenses contre les infections. C'est la raison pour laquelle les malades sont très fragiles et doivent souvent rester en chambre stérile dans un premier temps et prendre beaucoup de précautions par la suite. Ils doivent se protéger d'infections éventuelles. Si la technique scientifique est remarquablement au point, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu'attend le public. Les greffes par un donneur qui ne fait pas partie de fratrie, restent délicates à cause des complications immunitaires et infectieuses. La mortalité reste malgré tout importantes, mais le registre des donneurs est sans cesse en augmentation et permet de sauver de plus en plus de vies.

Grâce au Télévie

La banque de donneurs de moelle s'agrandit toujours et la recherche pour affiner les techniques avance à grandes enjambées.

Des études plus poussées se font sur les différentes sources de greffes, les cellules souches du sang de cordon ombilical sont mises à la disposition des malades. Une banque de sang de cordons ombilicaux est déjà constituée, ils sont prêt à être utilisés.

Les tests de compatibilité entre donneurs et receveurs de moelle sont plus précis. Il y a donc de moins en moins de risques de complications. La maladie tumorale résiduelle (les traces de cellules cancéreuses) peut être décelée avec précision, les techniques sont de plus en plus sophistiquées, ce qui permet un traitement précose des rechutes.
Une grande partie du budget de la recherche provient des donations faites grâce au Télévie.

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