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Délégation iranienne à Bruxelles: Hadja Lahbib avait reçu le feu vert d'Alexander De Croo pour l'octroi de visas

Le cabinet de la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a consulté le cabinet du Premier ministre, Alexander De Croo, à propos de la venue d'une délégation iranienne à Bruxelles pour la réunion de l'"Urban Summit", a confirmé mardi le "16 rue de la Loi" à la suite d'une information diffusée par "Le Soir".

"Informé, le cabinet du Premier ministre s'est rangé à l'avis de la ministre des Affaires étrangères selon lequel la Belgique n'avait diplomatiquement pas d'autre choix que de délivrer un visa suite à l'envoi d'une invitation officielle du gouvernement bruxellois à Téhéran", a indiqué le cabinet du Premier ministre.  

"A partir du moment où une invitation officielle avait été envoyée, un refus de visa aurait été vécu comme une humiliation. Notre pays n'a pas voulu prendre ce risque pour la simple et bonne raison que nous continuons à nous battre pour les droits et pour la libération d'Européens injustement emprisonnés en Iran", a-t-il ajouté.  

Cette consultation a eu lieu le 7 juin, soit cinq jours avant la réunion qui s'est déroulée du 12 au 15 juin. Elle n'est donc plus liée à la libération d'Olivier Vandecasteele, qui est revenu en Belgique le 26 mai, ni vraisemblablement à celle des trois autres otages européens qui a eu lieu le 2 juin. Mais la Belgique n'a jamais caché qu'elle poursuivrait ses efforts diplomatiques pour obtenir la libération d'Ahmadreza Djalali, professeur irano-suédois invité à la VUB, ou à tout le moins adoucir son sort. L'homme a été condamné à mort en Iran en 2017.   

Mercredi, Mme Lahbib s'expliquera devant la commission des Relations extérieures de la Chambre après s'être déjà exprimée sur le sujet jeudi en séance plénière. Dans l'opposition, la N-VA estime que le Premier ministre doit également se présenter devant le parlement.    "Jeudi passé, la ministre Lahbib n'a rien dit durant la séance plénière sur l'implication du Premier ministre. Au contraire, c'était alors le secrétaire d'Etat bruxellois Pascal Smet qui était encore le coupable", a souligné le chef de groupe, Peter De Roover, qui s'interroge sur la politique menée par la Belgique à l'égard de l'Iran. "Donc, tant que vous tiendrez des gens en otage, vous êtes les bienvenus? Quel signal donne-t-on?"  

Lorsque la consultation du cabinet du Premier ministre a eu lieu, les visas n'avaient pas encore été délivrés. Treize Iraniens ont déposé ce jour-là une demande de visa à l'ambassade belge à Téhéran, ainsi qu'en atteste un courriel d'un haut fonctionnaire du SPF Intérieur au cabinet du secrétaire d'Etat bruxellois Pascal Smet, co-organisateur de l'événement. L'intéressé souligne le caractère tardif de la démarche et souhaite savoir si les personnes qui se sont présentées ont reçu une lettre officielle en soutien de leur demande de visa. Leur départ était prévu le 11 juin. Il apparaît, dans une première réponse, qu'une partie d'entre eux n'était pas destinataire de la lettre et dans une deuxième que les 13 personnes sont bien dans la liste et peuvent recevoir un visa.  

La venue de cette délégation suscite depuis la semaine passée une vive polémique. Elle était emmenée par le maire de Téhéran, Alireza Zakani, figure de l'aile conservatrice du régime, et l'un des vice-présidents de Metropolis, association internationale qui regroupe plusieurs grandes villes dans le monde et co-organise l'Urban Summit. Sa présence a été vivement dénoncée par une partie de l'opposition belge et des mouvements de l'opposition iranienne en exil. Ceux-ci se sont aussi émus de la délégation fournie qui accompagnait et dont certains membres, selon plusieurs témoignages rapportés par différents médias, auraient filmé les manifestants qui protestaient contre la venue de cette délégation.    

L'affaire a déjà entraîné dimanche la démission de M. Smet. Les regards sont désormais tournés vers Mme Lahbib qui, jeudi, à la Chambre, avait mis en cause la responsabilité du socialiste flamand. Le 20 mars, sollicité par l'administration régionale bruxelloise, un haut diplomate des Affaires étrangères avait jugé que cette visite d'officiels iraniens n'était "pas du tout opportune". Le 10 mai, à la suite d'un entretien téléphonique entre M. Smet et Mme Lahbib, la donne a changé. Selon un compte-rendu fait par un collaborateur de l'ex-secrétaire d'Etat, les Affaires étrangères n'avaient plus de problème avec la venue de cette délégation et ne bloqueraient pas l'octroi de visas. Mme Lahbib avait invoqué l'"insistance" de M. Smet et les compétences exercées par les Régions en matière de relations internationales.   Plusieurs partis de l'opposition ont réclamé dès dimanche la démission de Mme Lahbib.

 

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  • Cela faisait-il partie du deal pour le retour des otages d'Iran?

    Jean Valjean
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