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L'Etat prépare de nouveaux arrêtés d'effarouchement de l'ours

Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, en visite en Ariège, a déclaré lundi que les services de l'Etat allaient préparer de nouveaux textes autorisant des mesures d'effarouchement de l'ours, en cas d'attaque du plantigrade sur des troupeaux.

Depuis la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées au cours des années 1990, les éleveurs de brebis se plaignent de prédations. L'Office français de la biodiversité (OFB) a pour sa part dénombré 331 attaques d'ours sur le cheptel dans ce massif montagneux en 2022, contre 333 l'année précédente.

Les arrêtés préfectoraux, légalisant l'effarouchement et souhaités par les éleveurs, ont été cassés par la justice administrative, l'ours étant une espèce protégée.

"Je le regrette car c'est une des voies qui permet de préserver les troupeaux, sans remettre en cause l'ours. On a besoin de retravailler juridiquement, pour ne pas passer son temps au tribunal", a déclaré le ministre à Foix, à l'issue de réunions avec des acteurs du monde rural.

Les associations pro-ours avaient saisi la justice pour faire annuler des textes autorisant "à titre expérimental" les préfets à accorder des dérogations pour "l'effarouchement simple à l'aide de moyens sonores, olfactifs et lumineux" des plantigrades, mais aussi "l'effarouchement renforcé à l'aide de tirs non létaux" (cartouches à double détonation ou balles en caoutchouc).

Le ministre a entamé son déplacement en Ariège par la visite de la bergerie de Jean-Pierre Mirouze, qui a perdu 260 brebis en 2019 lors d'un dérochement, attribué à un ours.

"On ne mesure jamais assez la détresse des gens qui se trouvent confrontés à la prédation (...) Il y a une désespérance qui nait de la prédation qu'il faut comprendre, qu'il faut entendre, ce n'est pas une question principalement d'indemnisation", a déclaré M. Fesneau.

Philippe Lacube, président de la Chambre d'agriculture et figure anti-ours, s'est réjoui que le ministre soit allé à la "rencontre de la vraie vie des territoires". Il a estimé qu'il ne s'est rien passé depuis une réunion entre élus ariégeois avec les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique, en octobre à Paris. "Le dossier a hiberné pendant six mois. On ne peut pas continuer comme ça", a-t-il ironisé.

En 2022, l'OFB a recensé 76 ours dans les Pyrénées, chiffre en hausse par rapport à 2021 (74) et 2020 (64).

En 2020, trois ont été tués par l'homme dans les Pyrénées et les défenseurs de l'animal demandent leur remplacement, avec de nouveaux lâchers d'ours, comme il y en a eu dans les années 1990. Le dernier lâcher remonte à 2018.

Pour l'association Pays de l'ours, favorable à la présence du plantigrade, "la population d'ours dans les Pyrénées n'est toujours pas viable".

La présidente PS du Conseil départemental de l'Ariège, Christine Téqui, et M. Lacube ont également demandé mardi à M. Fesneau que la notion de légitime défense face à une bête sauvage soit inscrite dans la loi, afin qu'il n'y ait pas de poursuites judiciaires pour destruction d'espèce protégée si un homme abat un ours après avoir été attaqué, comme c'est arrivé à un chasseur fin 2021.

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