Accueil Actu Magazine Culture

Kids Return, pop française et rêve américain

Ils ont déjà joué dans un amphithéâtre naturel de roche rouge au Colorado et fouleront à nouveau le sol américain en février: la pop du duo français Kids Return est une promesse à l'export.

Tout va très vite pour ces Parisiens dans leur vingtaine. Leur premier album, "Forever Melodies", chanté en anglais, n'est sorti qu'en octobre. Et voilà Adrien Rozé et Clément Savoye dans les sonars internationaux.

Kids Return est sélectionné parmi 15 groupes émergents pour le prix de la révélation européenne décerné le 19 janvier 2023 par le festival Eurosonic à Groningue aux Pays-Bas. Le 14 mars, ils passeront dans la salle parisienne de La Cigale.

Le nom de leur groupe -- et l'inspiration de la pochette -- a beau venir d'un film de Takeshi Kitano, ce n'est pas le Japon qu'on trouve en filigrane dans leur jeune histoire, mais bien les Etats-Unis.

Fin octobre, ils jouent ainsi à Red Rocks, amphithéâtre naturel dans les Rocheuses au Colorado. Par -2°, devant 10.000 personnes.

"Ce n'est que quand mon synthé est tombé à un moment et que j'ai éclaté de rire qu'on s'est rendus compte qu'on était aussi retransmis sur écrans géants", raconte, encore amusé, Clément, rencontré par l'AFP aux côtés de son acolyte dans leur studio parisien.

A Red Rocks, ils profitent de la notoriété de Polo & Pan, groupe d'électro français très connu aux Etats-Unis, dont ils assurent la première partie.

Un test plus révélateur a lieu une semaine avant dans une salle de 300 personnes à Los Angeles, sans locomotive cette fois. "Un type de KCRW, radio californienne, est venu nous voir et a passé un de nos titres le lendemain", dit Clément. C'est "Am I a fool" qu'on retrouve dans la playlist de KCRW à ce moment-là.

- "On lance une balle" -

"Ce programmateur nous a dit qu'on était crédibles pour les USA, alors qu'on se dit toujours que ce qui marche là-bas c'est un son +fat+ (lourd)", poursuit-il. Eux font plutôt dans l'arrangement délicat.

Ils y retourneront donc en février pour sept dates (et trois au Canada) dans des petites salles. "On partira en bagnole, avec deux potes, +à l'arrache+, c'est comme ça que ça se passe", lance Adrien (guitare, chant). "A Portland ou Philadelphie, peut-être que ce sera comme cette fois où on avait joué dans le bowling d'une ville universitaire américaine avec des gens qui s'en foutaient", sourit celui qui compose au piano. "Mais à New York ou à LA, on y croit !".

Tout les ramène aux Etats-Unis, puisque c'est au retour d'un précédent périple américain devenu fiasco que leur groupe actuel est né.

"On devait aller à LA avec Teeers, un ancien groupe", rembobine Clément. "On était censés partir un mois, on n'est restés que quatre jours car Covid et confinement arrivaient, l'autre moitié du groupe n'avait même pas quitté la France et il pleuvait...".

Les deux complices rentrent en France, mettent fin à l'aventure Teeers -- où ils ne composaient pas - et passent le confinement chez Adrien.

Après le visionnage d'un cycle Kitano, Clément lâche "si on jour on fait un groupe tous les deux, faut l'appeler Kids Return".

"C'est comme quand t'es en 6e au collège: tu trouves le nom de ton premier groupe avant de savoir jouer", compare-t-il. Et de conclure: "On lance une balle et on court derrière, c'est comme ça qu'on fonctionne". Rebondira-t-elle loin aux Etats-Unis ?

À la une

Sélectionné pour vous