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Manifestation contre les mesures sanitaires: qui sont les casseurs?

La manifestation contre les mesures sanitaires qui a dégénéré hier à Bruxelles a rassemblé 35.000 personnes. En tout, la police a procédé à 42 arrestations administratives et 3 arrestations judiciaires pour jets de projectiles en direction des forces de l’ordre. Qui sont ces casseurs ?

"En fait ce sont des gens qui profitent à chaque fois qu’il y a une manifestation importante pour se mettre dedans et de faire en fait du grabuge, d’aller à la confrontation avec la police. Ils amènent des projectiles, ils lancent des feux d’artifices contre les policiers", détaille Ilse Van de keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles.

L'extrême-droite flamande bien représentée

S’il est impossible de connaitre la proportion de casseurs, beaucoup de personnes appartenant à la mouvance d’extrême-droite ont été identifiées sur les lieux, comme le député Vlaams Belang Dries Van Langenhove. "C’est vrai qu’il y avait pas mal apparemment de représentants de l’extrême-droite flamande notamment qui étaient présents. Les milieux nationalistes. Mais il est un peu tôt pour faire ces conclusions. Ça me semble un peu bigarré. C’étaient un peu « les contre » qui se sont réunis hier", explique Philippe Close, le bourgmestre PS de Bruxelles-Ville.

Plusieurs mouvements pour la liberté

Parmi les personnes calmes, on retrouvait des membres de mouvements connus : "Nous avons réuni toutes les organisations belges qui militent pour la paix en cette période de crise", s'est réjoui Ezra, un porte-parole des organisateurs, qui comptent entre autres les mouvements Hands for Freedom, Vecht Voor Vrijheid, Teachers for Freedom et Belgians for Freedom. "Ensemble pour la liberté, on voulait former une grande famille pour défendre ensemble la démocratie. Nous sommes fiers d'avoir uni autant de personnes. Cependant, nous ne cautionnons pas les violences qui ont eu lieu aujourd'hui et nous nous en distancions."

Un casseur directement renvoyé devant le tribunal

L'une des personnes qui a été arrêtée judiciairement lors de la manifestation est citée à comparaître directement devant le tribunal le 2 décembre, a indiqué le parquet de Bruxelles. Une autre personne arrêtée a été déférée devant un juge d'instruction, tandis qu'une troisième a été libérée et sera interrogée dans les prochains jours. "Deux des trois suspects arrêtés judiciairement sont soupçonnés de rébellion armée, car ils auraient lancé des projectiles sur la police. L'un d'eux a été déféré devant le juge d'instruction, avec demande de placement sous mandat d'arrêt. Le second a reçu une citation directe à comparaître devant le tribunal correctionnel le 2 décembre", a expliqué la magistrate Willemien Baert, porte-parole du parquet de Bruxelles. Le troisième suspect, quant à lui, aurait endommagé un véhicule et des biens immobiliers. Il a été libéré et sera interrogé ultérieurement.

La police bruxelloise a mis en place une "task force" pour identifier d'autres suspects, notamment via l'analyse d'images de caméras de vidéo-surveillance. "La liberté d’expression doit avoir lieu mais casser, ce ne sera jamais une option que je pourrais défendre", a ajouté Philippe Close.

Bilan humain et matériel :

En tout, 6 policiers ont été blessés. Parmi eux, deux ont une incapacité de travail de 11 jours et le troisième de 4 semaines. Ils ont été emmenés à l'hôpital pour recevoir des soins. Un policier a la main cassée et devra subir une intervention chirurgicale. Un autre a été blessé à la jambe et le troisième au poignet. La police dénombre au moins six véhicules de police endommagés et un de ses scooters a été incendié. De nombreux biens publics ont été abîmés, de même que des voitures de particuliers et des vitrines. Un inventaire des dégâts est en cours.

Rappel des faits

La police a fait usage de l'arroseuse et de gaz lacrymogène vers 14h45 à l'endroit où le cortège devait quitter l'avenue des Arts et tourner dans la rue Joseph II, contre des manifestants qui ont lancé des feux d'artifice vers les policiers et qui voulait continuer à avancer tout droit sur la petite ceinture. Vers 15h30, un groupe a cherché la confrontation avec les forces de l'ordre près de la rue Joseph II et de la rue du Commerce. Des projectiles ont été lancés. La police est encore intervenue. Vers 16h00, un conteneur et des palettes ont été incendiés dans la rue Joseph II. Peu avant 16h30, des véhicules de police ont été endommagés près de la place Madou. Plusieurs poubelles ont été incendiées. Des barricades ont été mises en place et incendiées dans la rue du Nord et l'avenue de la Joyeuse Entrée. L'arroseuse a de nouveau été employée peu avant 17h00 au niveau du rond-point Schuman au motif qu'il y aurait eu des jets de projectiles pyrotechniques. La plupart des personnes se sont dispersées peu après leur arrivée dans la petite rue de la Loi, mais quelques milliers de personnes étaient encore sur place à 17h00, heure de dislocation prévue. La police a alors annoncé sur Twitter qu'elle allait commencer à procéder à des arrestations. Les policiers ont commencé à pousser et à regrouper des participants restants dans le parc du Cinquantenaire en vue de leurs arrestations.

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