Accueil Actu

Manifestations en Cisjordanie: des journalistes appellent l'ONU à les "protéger"

Une cinquantaine de journalistes palestiniens ont manifesté lundi à Ramallah au nom de la liberté de la presse en Cisjordanie occupée et ont appelé l'ONU à les "protéger" après des violences lors de rassemblements contre l'Autorité palestinienne.

La mort la semaine dernière d'un militant palestinien des droits humains, Nizar Banat, alors qu'il était détenu par l'Autorité palestinienne, a suscité une vague de colère en Cisjordanie.

Sa famille a accusé les forces de sécurité palestiniennes de l'avoir "assassiné" et a dit lundi qu'elle rejetterait les conclusions de l'enquête officielle.

Les manifestations contre l'Autorité palestinienne de ces derniers jours ont été émaillées de heurts entre protestataires et forces de l'ordre, tandis que des journalistes ont rapporté avoir été violentés par la police, mobilisée en masse.

"Au regard des violations de la liberté de travail des journalistes constatées ces derniers jours", une lettre a été soumise aux Nations unies, appelées à "prendre des mesures nécessaires et immédiates pour protéger" les journalistes, a indiqué Naila Khalil, une reporter palestinienne pour le journal Al-Arabi Al-Jadid.

Egalement présent devant les locaux de l'ONU à Ramallah, Mohammed Gharafi, journaliste pour le site d'actualités Ultra Palestine, a dit à l'AFP avoir été menacé par les forces de sécurité de voir son téléphone confisqué s'il n'arrêtait pas de filmer les manifestations.

Ses images montrent notamment des femmes journalistes être attaquées par des hommes en civil, soupçonnés d'appartenir aux forces de l'ordre.

"Au moins 12 journalistes palestiniens, dont cinq femmes, ont été agressés par la police palestinienne ce week-end en Cisjordanie", a tweeté lundi l'organisation Reporters sans frontières (RSF), dénonçant "l'usage de la force par l'Autorité palestinienne pour faire taire les journalistes et dissimuler la répression des manifestants".

Dimanche, le syndicat des journalistes palestiniens a appelé au renvoi du chef de la police pour "avoir échoué à assurer la protection de journalistes qui ont été agressés et menacés par des personnes en tenue civile, à la vue de la police".

Sollicitée par l'AFP, la police n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter.

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a appelé lundi "au respect de la liberté de la presse" et invité "chacun à faire preuve d'un sens élevé de responsabilité".

Il a aussi promis que l'enquête sur la mort de Nizar Banat serait "professionnelle et transparente". Les responsables "seront traduits devant les autorités compétentes", a-t-il déclaré.

Nizar Banat, décédé jeudi, était connu pour ses vidéos postées sur les réseaux sociaux critiquant l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qu'il accusait de corruption.

Sa famille a indiqué qu'elle rejetterait les conclusions des autorités, appelant à une enquête internationale.

"Nous n'avons pas besoin d'une commission d'enquête parce que les responsables de ce crime sont des fonctionnaires bien connus", a accusé son frère Ghassan Banat lors d'une conférence de presse. "La plupart des dirigeants palestiniens nous ont contactés (...) sauf le président de l'Autorité palestinienne", a-t-il déploré.

À la une

Sélectionné pour vous