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Soulèvements de la Terre: la décision du Conseil d'Etat n'est pas un "camouflet", selon Béchu

Le ministre de la transition écologique Christophe Béchu a estimé vendredi que l'annulation de la dissolution des Soulèvements de la Terre n'était pas un "camouflet" pour le gouvernement mais un "appel à la retenue et un avertissement" à ceux qui justifient le recours à la violence.

Dans la décision du Conseil d'Etat, qui a annulé jeudi le décret de dissolution du collectif pris par le ministère de l'Intérieur, les magistrats "ne disent pas" que "le gouvernement n'aurait pas dû faire ça" mais "ils disent" que les Soulèvements de la Terre "n'ont pas totalement franchi la ligne rouge", a déclaré M. Béchu sur Franceinfo.

"Je veux croire que (le mouvement) a entendu qu'il était passé très près de la dissolution et que ça sera suffisant pour éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets", a ajouté le ministre, en référence aux affrontements du 25 mars autour de la construction de retenues d'eau à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres. Le gouvernement avait engagé le 28 mars la procédure de dissolution.

"Les images de Sainte-Soline, les cocktails Molotov, les battes de baseball utilisées pour aller taper, blesser des dizaines de policiers et gendarmes qui ne faisaient que leur travail,... ça n'a pas sa place en démocratie", a argué le ministre.

Pour sa part, le Conseil d'Etat a estimé que la procédure ne permettait pas d'établir que "le collectif cautionne d'une quelconque façon des agissements violents envers des personnes" et que les "atteintes à des biens" n'ont été que "limitées".

Cette décision, "ce n'est absolument pas un camouflet pour le gouvernement (...) c'est un appel à la retenue et un avertissement à ceux qui pensent qu'on peut justifier la violence de n'importe quelle façon dans ce pays", a interprété Christophe Béchu.

Interrogé sur l'appel du collectif, jeudi, à mener de nouvelles actions radicales, le ministre l'a qualifié de "totalement contre-productif".

"La violence, la radicalité, la provocation, elle provoque la sidération et le rejet d'une partie de la population", a-t-il conclu.

La dissolution, engagée par Gérald Darmanin, avait conduit le collectif à saisir le Conseil d'Etat fin juillet selon une procédure d'urgence dite de référé-suspension.

Plusieurs associations et partis (dont La France insoumise, EELV, Agir pour l'environnement...) ainsi que plusieurs milliers d'individus s'étaient associés à ce recours.

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