Feu vert allemand à l’envoi de chars à l’Ukraine: "Le nombre prévu ne va pas permettre un renversement de la situation"

Sous pression depuis des semaines, le chancelier allemand Olaf Scholz a donné son aval à l'envoi de chars lourds Leopard 2 à l'Ukraine, qui espère en recevoir "beaucoup", tandis que la Russie a dénoncé une décision "extrêmement dangereuse". Alain De Nève, chercheur au Centre d’études de sécurité et défense, a commenté cette décision dans le RTL info 13h.

Les Européens comptent envoyer quelques dizaines de chars.  Pourquoi cette décision a-t-elle été aussi difficile à prendre pour l’Allemagne?

Du côté allemand, la ligne politique a toujours été la même, c’est-à-dire qu’il ne s’agissait pas de livrer de nouveaux armements, sans que les Etats-Unis eux-mêmes ne procèdent à de telles livraisons. Pourquoi des réticences ? Il y a le risque d’escalade, même si on a vu que pour les précédentes livraisons d’autres types d’armement, cet argument ne tenait pas réellement. Il y a toujours un calcul qui est réalisé par rapport à ça.

Est-ce qu’une centaine de chars vont tout changer dans le rapport de force entre la Russie et l’Ukraine sur le terrain?

Cela ne va pas changer énormément de choses, il faut savoir que durant le pic des combats de la plus haute intensité qui ont eu lieu entre les forces ukrainiennes et russes, il pouvait y avoir 40 chars perdus par jour du côté ukrainien, donc il faut relativiser le nombre de chars qu’on va envoyer par rapport au risque sur le terrain. 

Ces chars vont être un appui pour les forces ukrainiennes, mais le nombre prévu ne va pas permettre un renversement de la situation. Actuellement, les forces ukrainiennes subissent un certain nombre de revers. Il est fort probable que ces chars serviront essentiellement à des objectifs défensifs dans un premier temps et les Etats-Unis se montrent très réticents sur les perspectives de stratégie offensive des Ukrainiens pour l’heure. 
 

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