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Nouvelle-Calédonie: le gouvernement ouvre un nouveau round de discussions sur l'avenir de l'archipel

La Première ministre Elisabeth Borne a entamé mardi à Paris une série de discussions bilatérales avec les indépendantistes puis les loyalistes de Nouvelle-Calédonie dans le but de relancer le dialogue sur l'avenir institutionnel de l'archipel.

Dès la sortie de la première réunion, le Front de libération kanak (FLNKS) a expliqué que les questions à l'ordre du jour n'étaient pas sa priorité et qu'il avait rappelé à la cheffe du gouvernement "l'histoire chaotique des relations entre la France et le peuple kanak", depuis la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France le 24 septembre 1853.

Ces rendez-vous seront suivis d'autres rencontres avec le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin d'ici la fin de la semaine, autour des questions essentielles du corps électoral actuellement figé et du droit à l'autodétermination.

"On ne veut pas (se) restreindre à ce qu'ils nous proposent, c'est-à-dire une discussion uniquement sur ces deux sujets-là", a toutefois posé dès la fin du premier entretien le président indépendantiste du Congrès, Roch Wamytan.

"Nous pouvons en discuter à partir du moment où (le gouvernement) va nous dire (...) quelle est la sortie", a-t-il ajouté, en rappelant que "la trajectoire doit nous amener à la pleine souveraineté, dans un délai à fixer".

Les indépendantistes souhaitent le gel du corps électoral mais veulent que le droit à l'autodétermination reste largement ouvert dans le nouveau statut. A l'inverse, les loyalistes demandent que plus d'habitants de Nouvelle-Calédonie puissent voter mais veulent limiter la possibilité de relancer un processus d'autodétermination de l'archipel.

Malgré ces positions de principe, "chacun arrive à Paris avec un manque, on pense que la rencontre de ces deux manques peut faire un accord", veut croire Matignon.

Les questions du corps électoral et de l'autodétermination ont tout de même été "évoquées (mardi) mais très rapidement car on n'a quasiment pas le mandat du FLNKS d'aborder ces deux questions-là", a toutefois ajouté M. Wamytan.

- "Aucune décision actée" -

Le président de l'Union calédonienne Daniel Goa, l'une des principales composantes du FLNKS, a en effet rappelé dans un communiqué la semaine dernière qu'"à ce stade, (nos représentants) ne négocieront rien et aucune décision ne pourra être actée".

De son côté, Matignon a assuré être "convaincu qu'un accord n'est pas possible sans un passage à des réunions tripartites et souhaité que ce format soit rallié le plus vite possible". "Si c'est cette semaine tant mieux, mais le FLNKS nous a laissé entendre que c'était peu probable", a ajouté Matignon.

"Nous n'attendons pas de déclaration commune à la fin de cette session", a ajouté de son côté le ministère de l'Intérieur.

Les membres de la délégation non indépendantiste ont pour leur part exprimé leur envie de voir ces négociations devenir des trilatérales rassemblant l'Etat, les indépendantistes et les non indépendantistes.

"En Nouvelle-Calédonie, dès l'instant où on arrive à se retrouver autour de la table on arrive à trouver des solutions", a déclaré après la rencontre avec la Première ministre Sonia Backès, qui dirige le mouvement Les Loyalistes.

"Je rappelle qu'en 1988, on était dans un conflit armé et qu'à la fin on a mis en place des institutions qui ont partagé le pouvoir, qui ont mis en place un corps électoral (...) En 1998 un accord a été trouvé. Maintenant les clés sont dans les mains des indépendantistes", a ajouté Mme Backès, qui est aussi secrétaire d'Etat à la Citoyenneté.

L'Etat tente de réunir depuis plus d'un an indépendantistes et non-indépendantistes pour négocier un futur statut pour ce territoire du Pacifique sud, après la fin de l'accord de Nouméa.

Cet accord de décolonisation, signé en 1998, prévoyait trois référendums d'autodétermination. Ces trois consultations ont rejeté l'indépendance mais la dernière, en décembre 2021, reste contestée par le camp indépendantiste, qui l'a boycottée pour cause de pandémie de Covid.

Le FLNKS a d'ailleurs entamé une démarche auprès de la Cour internationale de justice de la Haye pour la faire annuler.

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