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Transat Jacques-Vabre: Amélie Grassi et Anne-Claire Le Berre, les copines à bord

Les navigatrices Amélie Grassi et Anne-Claire Le Berre, un des trois duos 100 % féminin de la 16e édition de la Transat Jacques Vabre, partie dimanche du Havre, visent une place aux avants-postes qui viendrait récompenser trois ans d’amitiés et d’aventures.

"Pour beaucoup de duos, c'est juste du travail. Nous on est proches, on va se voir le week-end pour complètement autre chose. C'est une chance de pouvoir naviguer à ce niveau avec quelqu'un qu'on apprécie", lance à l'AFP Amélie Grassi, skippeuse du Class 40 La Boulangère Bio.

Grassi a 29 ans, Le Berre 41, l'une est grande, l'autre plus petite, mais ces deux skippeuses aux cheveux châtains partagent le même sourire chaleureux en évoquant leur parcours en commun.

"On s'est rencontrées à la salle de sport à Lorient (Morbihan) en 2021, le courant est passé et on s'est tapé dans la main pour partir ensemble en Italie faire des régates sur le Mini d'Anne-Claire. On a passé deux mois à vivre dans un camion, cela nous a beaucoup soudé", se souvient Grassi.

"J'ai ensuite été directrice technique pour la construction de l'Imoca de Samantha Davies (Initiatives Coeur), mais j'avais envie de revenir au large. Amélie est venue me voir en me disant : +maintenant c'est à toi de venir sur mon bateau+", commente Le Berre.

- Des galères -

Toutes les deux ont commencé la voile "bébé". Amélie, fille de deux marins, s'est rêvée skippeuse professionnelle en allant assister ado au départ de la Mini Transat. Anne-Claire a été dès son adolescence membre de l'équipe de France de voile olympique.

Désormais, elle sont dans le même bateau. "On se complète. Lors des départs, elle va barrer et faire la tactique proche car elle a tout le passif voile olympique. Moi, je serai plus stratégie générale et réglages car je connais le bateau par coeur. La répartition des rôles est facile", souligne Amélie Grassi, qui habite à Lorient.

En trois ans, elles ont déjà vécu leur lot de "galères" au large. "Sur la Normandy Channel Race en 2022, on a dû faire demi-tour à mi-chemin dans la tempête après une avarie. La course était pliée sportivement, mais on s'est mis un coup de pied au cul et on a terminé 19e (sur 30, ndlr)", relève Anne-Claire Le Berre.

"C'était vraiment dure de repartir après cinq heures d'escale, une corvée. J'avais pas envie... Anne-Claire a trouvé les mots justes", dit Amélie, pour qui les épreuves ont "cimenté (leur) confiance l'une en l'autre".

- "Montrer l'exemple" -

"Être amies, c’est vraiment une force, surtout dans les galères. La course en double cela créer une relation assez profonde, nous encore plus, et quand on passe la ligne d'arrivée, on sait qu'on a toujours bien rigolé, même après 22 jours de voyage dans un espace confiné", relève Anne-Claire.

Dans un univers encore essentiellement masculin, les deux navigatrices souhaitent aussi "montrer l'exemple". "Si on regarde le départ, c'est sûr que c'est pas complètement mixte (18 engagées femmes sur 180 marins à la Transat Jacques-Vabre 2023, ndlr), mais à chaque fois qu'une femme performe, on s'identifie", estime Amélie.

"Des victoires comme celle de Florence Arthaud (Route du Rhum 1990) ou Ellen MacArthur (Route du Rhum 2002), ça permet de constater que c'est un sport qui pourrait être mixte", ajoute-t-elle.

Bousculées par les conditions difficiles du départ dimanche au large du Havre, les deux copines ont terminé 10e (sur 45 bateaux Class 40) d'une première étape inédite à Lorient pour la Transat Jacques Vabre 2023, en raison de la tempête Ciaran.

Affichant moins de deux heures sur le vainqueur de la 1ère étape (Alla Grande Pirelli), elles sont encore en course pour jouer la tête du classement, à l'arrivée en Martinique.

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