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Nouveaux heurts à Jérusalem-Est entre policiers israéliens et Palestiniens

Des affrontements ont opposé vendredi la police israélienne à des manifestants marquant leur soutien à des familles palestiniennes menacées d'expulsion dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, partie palestinienne occupée et annexée par Israël.

Déployant des tapis dans la rue, des Palestiniens ont prié avant d'être rejoints par des manifestants opposés à l'éviction d'habitants de ce quartier, devenu le symbole de la lutte contre la colonisation israélienne à Jérusalem-Est.

Plus de 300.000 Palestiniens et 210.000 colons israéliens vivent aujourd'hui à Jérusalem-Est, alors que la colonisation est illégale au regard du droit international.

"Mon devoir comme Palestinien est d'être ici avec tout Palestinien luttant pour sa terre", a déclaré à l'AFP Abdallah Grifat, 30 ans.

Sommés par les forces de l'ordre de libérer le passage, les manifestants ont refusé. La police montée a alors chargé la petite foule, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Un journaliste de l'AFP a vu deux personnes détenues par des policiers. Mais la police a affirmé qu'aucune arrestation n'avait eu lieu, évoquant une "émeute".

Des manifestants palestiniens ont également affronté les forces israéliennes à Hébron et à Beita en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

A Beita, dans le nord de la Cisjordanie, un photographe de l'AFP a été blessé par une balle en caoutchouc tirée par les forces israéliennes. Selon l'agence palestinienne WAFA, 23 Palestiniens ont été blessés.

Dimanche, des heurts à Cheikh Jarrah avaient opposé la police israélienne à des manifestants palestiniens, dont 31 ont été blessés, à la suite de la visite d'un député d'extrême droite israélien venu soutenir les habitants juifs.

A Cheikh Jarrah, plusieurs familles palestiniennes sont menacées d'expulsion.

En mai 2021, des manifestations en soutien à ces familles avaient dégénéré et des centaines de Palestiniens avaient été blessés. Le mouvement palestinien Hamas avait alors lancé depuis l'enclave de Gaza, sous leur contrôle, des roquettes vers Israël qui avait répliqué, des violences suivies d'une guerre de 11 jours.

Le Hamas a de nouveau averti jeudi que "la violation des lignes rouges à Cheikh Jarrah" pourrait "préparer l'atmosphère pour la prochaine explosion".

Vendredi, des représentants du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), accompagnés de membres d'ONG palestiniennes, ont rendu visite à une famille menacée d'expulsion.

"L'ONU a maintes fois appelé à observer une pause dans les expulsions et démolitions en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est", a déclaré dans un communiqué l'Ocha.

Les "attaques israéliennes" à Cheikh Jarrah "ne détourneront pas notre peuple de leur objectif, à savoir la création d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale", a déclaré le porte-parole de l'Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina, cité par WAFA.

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